Activité 12

Nous sommes à moins de 30 jours du référendum constitutionnel prévu pour être tenu au plus tard le 30 octobre 2016 et nous constatons que le pouvoir Ouattara n’a pas l’intention de mettre à la disposition des ivoiriens le projet de loi à soumettre au vote Au mieux, ce projet ne sera publié qu’après le 10 octobre 2016. Il ne restera aux partis politiques, aux acteurs politiques, qu’une vingtaine de jours, pour faire campagne pour le oui ou le non en connaissance de cause. Mesdames et messieurs les présidents, Secrétaires Généraux et représentants des Partis politiques

Mesdames et messieurs les présidents et représentants des organisations syndicales des travailleurs,

Mesdames et messieurs les présidents et représentants des organisations de défenses des droits de l’homme et de la société civile

Mesdames et messieurs les Secrétaires Généraux et représentants des organisations syndicales des élèves et étudiants

Mesdames et messieurs les représentants des organes de presse

Honorables invités en vos grades et qualités

Chers amis d’Abib Dodo,

Chers camarades du PCRCI

 

Au nom du Comité Central du Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire, je vous salue et je vous remercie sincèrement pour avoir répondu à notre invitation.

 

Honorables invités

Chers amis, chers camarades

 

 

C’est la 7ème fois, que nous vous appelons pour rendre hommage à Abib Dodo. Oui nous vous appellerons autant de fois qu’il sera nécessaire, nous vous appellerons tant que justice ne sera pas rendue à notre camarade, assassiné lâchement pour ses idées, sa conviction, son engagement politique ou philosophique. Nous serons autant de fois là pour dire non à l’impunité des crimes politiques en Côte d’Ivoire, pour dire non au fascisme et à la barbarie, pour traquer les criminels politiques, les ennemis de la liberté et de la démocratie

Honorables invités

Chers amis, chers camarades

 

Nous avons un devoir de mémoire pour chaque crime politique commis en Côte d’Ivoire, un devoir de mémoire pour éduquer les peuples, mais aussi et surtout pour barrer le chemin à tous ceux qui se préparent à commettre de nouveaux crimes politiques.

Pour sacrifier au devoir de mémoire, permettez que nous vous rappelions très rapidement ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Abib Dodo ».

 

D’abord quelques repères historiques:

 

Décembre 1999, un coup d’état militaire survient en Côte d’Ivoire. Les partis politiques et les organisations de la société civile sont profondément affectés. Soutenir ou ne pas soutenir le pouvoir militaro- civil dans sa gestion de l’Etat? Telle est la question essentielle qui agite ces partis et organisations. La FESCI une des organisations estudiantines prend position pour soutenir la junte militaire. Du coup tous les débats et clivages politiques se retrouvent dans cette organisation. Elle devient alors une organisation profondément divisée. Certains étudiants ne sont pas d’accord avec l’orientation de la direction à savoir soutenir le pouvoir militaro civil. Ils décident de créer d’autres organisations.

 

Le 19 septembre 2002 une rébellion éclate et complexifie davantage la situation politique. Le pays est divisé en deux parties, le nord aux mains des rebelles, et le sud contrôlé par le pouvoir légal. La ville de Bouaké est sous contrôle des forces rebelles. De ce fait, l’université de cette ville où fréquente Abib est délocalisée à Abidjan. Abib se trouve contraint comme tous ses camarades étudiants de Bouaké de vivre à Abidjan.

 

Le 14 février 2004, nait l’Organisation de la jeunesse du Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire, la JCOCI. Abib Dodo est élu Secrétaire Général de cette organisation. La jeunesse du PCRCI est engagée dans la construction d’une nouvelle organisation des élèves et étudiants en dehors de la FESCI.

 

Le 20 juin 2004, est créée l’Association Générale des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire (AGEECI) soutenue par la JCOCI et ses dirigeants. Cette nouvelle organisation est profondément désapprouvée par les dirigeants de la FESCI d’alors qui y voient un acte de défiance.

Le 23 juin 2004, les dirigeants de la FESCI, décident d’en finir avec l’AGEECI et la JCOCI. Ils enlèvent Abib Dodo et l’assassinent. Ils torturent Kouadio Kouadio Richard et le laissent pour mort à Port Bouet. De 2004 à 2010, les étudiants communistes et les militants de l’AGEECI sont pourchassés des universités et des lycées. Tels sont les quelque repères historiques en lien avec l’assassinat de notre camarade.

 

Honorables invités

Chers amis et camarades,

 

Il y a de cela 12 ans, le 23 juin 2004 à 15 heures, le camarade Abib DODO, 1er Secrétaire Général de la jeunesse du Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire, et membre fondateur de l’Association Générale des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire (AGEECI), était enlevé de son domicile, transporté au campus de Cocody, sauvagement torturé puis assassiné par une horde de barbares se réclamant de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI).

Ce même jour du 23 juin 2004, le camarade Kouadio Kouadio Richard, militant du PCRCI et membre fondateur de l’AGEECI, était également enlevé par des éléments FESCI de Port Bouet, torturé et laissé pour mort sur la route de Grand Bassam près de la cité U de Port Bouet II.

Notre conviction est que ces crimes politiques ont été réalisés par la direction de la FESCI d’alors.

C’était un plan bien concocté pour liquider les jeunes militants communistes pour leur participation active à la création de l’AGEECI, considérée par la FESCI comme un ennemi politique. Cela ne fait l’ombre d’aucun doute que ces barbares sont des éléments de la FESCI, actionnés depuis leur direction nationale dirigée alors par feu Kuyo Serges et Sémi BI Guillaume. Ces criminels n’ont pas caché leur identité lors des enlèvements d’Abib et de Kouadio Richard, enlèvements organisés en deux lieux différents mais dans la même journée avec pour destination les campus universitaires de Cocody et de Port Bouet. Ceux venus enlever Abib arboraient des teeshirts à l’effigie de la FESCI. Kouadio Richard a été soumis à un interrogatoire musclé dirigé par le bureau FESCI de Port Bouet II devant une foule d’étudiants, interrogatoire à l’issu duquel la décision a été prise de le mettre à mort.

Nos investigations ont permis d’identifier des personnes directement impliquées : Ce sont feu Kuyo Serges secrétaire général de la FESCI de 2004, Semi Bi Guillaume, secrétaire à l’organisation de la FESCI de l’époque, qui a conduit personnellement l’interrogatoire d’Abib Dodo avant de décider de sa mise à mort. Nous avons également des noms d’étudiants fescistes de Bouaké qui connaissent bien Abib Dodo et Kouadio Richard et qui ont participé aux enlèvements et aux tortures.

Honorables invités

Chers amis, chers camarades

 

Qu’avons-nous fait depuis le 23 juin 2004 ?

Au plan judiciaire

Suite à ces crimes, nous avons porté plainte le même jour 23 juin 2004, au commissariat du 16ème arrondissement de Yopougon contre X, pour violation de domicile privé, vols et destruction de biens privés, enlèvement d’Abib Dodo.

Vu le caractère des actes incriminés, cette plainte a été transférée le 25 juin 2004 à la Police Judiciaire par le 16ème arrondissement. Une fois le corps découvert et avec les éléments nouveaux en notre possession, nous avons porté plainte contre la FESCI pour enlèvement, torture sur la personne de Kouadio Richard et pour enlèvement, torture et meurtre sur la personne d’Abib Dodo.

Les auditions de nos témoins ont eu lieu et des éléments précis ont été portés à la connaissance de la Police Judiciaire. Mais, à notre grande surprise, nous n’avons observé aucune interpellations des mis en cause. Aucune confrontation n’a eu lieu entre les témoins, les plaignants et les accusés. Le dossier a été transmis trois ans après, en août 2007, au greffe du tribunal du Plateau. A ce jour, 23 juillet 2016, c’est le silence total du côté du parquet.

En 2004, 2005, 2006, nous avons rencontré plusieurs fois les ministres de la sécurité intérieure, de la justice et des droits humains pour manifester nos inquiétudes, face à la lenteur des enquêtes, et pour protester face aux agressions que continuaient de subir nos militants étudiants. Malgré les assurances à nous données quand au bon déroulement de l’enquête, rien n’a bougé jusqu’au changement de pouvoir en 2011.

En 2011, nous avons adressé un courrier au Parquet d’Abidjan et au Ministère de la justice pour relancer le dossier. Nous avons été entendus cette même année par Maitre Yaba dans le cadre de la commission d’enquêtes engagées par le gouvernement Ouattara sur les violations des droits humains de 2 000 à 2010. Malgré toutes nos relances et nos auditions, nous sommes à ce jour 23 juillet 2016 au point mort. Le parquet ne réagit pas, le ministère de la justice et la commission des droits de l’homme qui ont également été saisis ne réagissent également pas. Au plan politique

Nous avons organisé une vaste campagne autour du mot d’ordre Justice pour Abib Dodo et nous continuerons cette campagne tant que justice ne sera pas rendue.

Nous remercions une fois encore tous ceux qui en Côte d’Ivoire, nous ont soutenu : la presse, les organisations des droits humains, des partis politiques, des ONG, des personnalités politiques. Nos remerciements vont à tous et à toutes sans exception.

Hors de Côte d’Ivoire, nos avons également reçu le soutien internationaliste de plusieurs dizaines de partis communistes, d’ONG, d’organisations de défense des droits humains, d’organisations démocratiques.

Malgré toutes ces actions, le dossier de ces crimes dort encore au parquet. Les criminels, assurés du règne de l’impunité, vivent tranquillement.

 

Alors que faut-il faire ?

 

Honorables invités,

Chers camarades,

 

L’assassinat d’Abib Dodo n’est qu’un assassinat parmi tant de crimes politiques commis en Côte d’Ivoire sans suite judiciaire. Dans notre pays, pour défendre son pouvoir, l’on agresse, l’on torture et l’on tue les adversaires politiques.

Les amis, les parents biologiques, les familles politiques des victimes se taisent ou se mettent au service des criminels de peur d’être réprimés. Les criminels trouvent refuges dans les bras des tenants des nouveaux pouvoirs politiques.

N’y –a donc pas d’issue pour les victimes? Ces crimes resteront définitivement impunis ?

Le PCRCI dit non ! Les crimes politiques ne sont jamais prescrits. La victoire des peuples sur les pouvoirs complices ou commanditaires des crimes est inéluctable. Aucun peuple ne peut accepter l’impunité définitive des crimes politiques.

Votre présence ici montre que nous pouvons faire quelque chose pour que les criminels ne se croient pas intouchables ; pour que l’impunité ne règne pas et pour que d’autres crimes ne surviennent pas.

C’est pourquoi nous interpellons les forces de progrès, attachées à l’Etat de droit, conscientes de la nécessité d’engager le combat pour cet Etat de droit, de se retrouver, de s’organiser, afin d’ouvrir le combat contre l’impunité, pour les libertés et la démocratie. Sans ce combat et son succès, point de souveraineté populaire, point d’émancipation des jeunes, point d’émancipation de la société, point de développement économique, social et culturel.

Il nous faut nous rassembler massivement, nous organiser pour :

 

-Dénoncer tous les cas de crimes politiques et de violation des droits humains

-Exiger que les criminels rendent gorge

-Interdire l’existence de toutes milices politiques.

 

Ensemble, ne laissons pas de répit aux criminels politiques

Ensemble, organisons la lutte contre l’impunité des crimes politiques

 

Je vous remercie

 

Pour le PCRCI

Le Secrétaire Général

A.Ekissi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le PCRCI vous appelle à la mobilisation générale pour l’unité de luttes contre le patronat et le pouvoir Ouattara

 

 

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte D’Ivoire