Activité 3

CONGRES ET AUTRES REUNIONS

Appel du 3ème congrès ordinaire

 

Aux Ouvriers, aux Paysans, aux Artisans, à tous les Travailleurs, à la Jeunesse, à tous les Démocrates,

 

Aux Peuples de Côte d'Ivoire.

 

 

La guerre réactionnaire déclenchée le 19 septembre 2002, contribue chaque jour d’avantage à l’exacerbation de la crise du système néocolonial en Côte d’Ivoire. L’économie est à genou ; les licenciements et le chômage s’intensifient ; la misère s’accentue au sein des masses ; les crimes politiques et économiques se multiplient ; le droit de grève est dénié aux travailleurs. Pendant ce temps les protagonistes profitent grassement de l’état de guerre ; les voleurs et autres corrompus sont promus et maintenus à leurs postes par la force malgré les protestations des travailleurs. Les milices sont financées à coup de milliards tandis que les hôpitaux, les écoles sont plongés dans l’agonie. Les chefs politiques de la refondation et les bureaucrates des gouvernements dits de transition, les chefs de guerre, vivent dans un luxe insolent. Objectivement les protagonistes de cette guerre n’ont pas intérêt à ce qu’elle se termine.

 

Ces protagonistes, après l’échec de moult accords signés sous l’égide de l’impérialisme international, ont décidé de faire directement la paix. Mais, le fait que l’accord de Ouagadougou censé ramener la paix en Côte d’Ivoire soit scellé sous les auspices de Blaise Compaoré autre pion de l’impérialisme français dans la sous région montre que c’est encore un plan de l’impérialisme international. A l’observation, cet accord reprend pour l’essentiel les points des accords précédents avec en prime la réhabilitation complète de la constitution autocratique de août 2000 et la remise en selle de Gbabgo Laurent. Ni la question de la souveraineté populaire et nationale, ni les questions de l’impunité des crimes politiques et économiques, ni les questions des conditions d’élections permettant la libre expression des masses ne sont résolues. Les suspicions et la méfiance entre les fractions bourgeoises persistent et s’amplifient créant ainsi le risque de nouveaux affrontements.

 

La tendance à la fascisation du pouvoir en place continue d’aggraver la crise et empirer les conditions de vie des masses populaires. Le dernier discours du chef de l’Etat lors de la fête du 1er mai 2007 doit vous édifier.

 

Malgré les menaces, les intimidations, les agressions, les tueries, vous avez initié des luttes multiformes pour le pain et la démocratie. Vous voulez sortir au plus vite de cette crise qui permet en réalité aux protagonistes de faire de la Côte d’Ivoire leur otage pour satisfaire leurs intérêts égoïstes.

 

Chaque force politique avance ses propositions de sortie de crise. Les impérialistes et leurs valets veulent aller vite aux élections afin de se donner une nouvelle virginité et tromper une fois encore les masses en se présentant comme des sauveurs. Mais les solutions réformistes inspirées pour l’essentiel par l’impérialisme se sont avérées inappropriées pour la résolution de la crise. L’échec de ces solutions s’explique par l’impossibilité d’imposer le consensus aux protagonistes de la crise, l’inefficacité des solutions venant de la communauté internationale, l’impossible fonctionnement des gouvernements de transition successifs et enfin la peur pour les protagonistes de perdre les importants avantages matériels liés à la situation de ni paix, ni guerre.

 

Le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire fait pour sa part les propositions ci-après qui présentent la spécificité de préconiser une issue révolutionnaire pour sortir la Côte d’Ivoire de l’impasse dans laquelle l’ont engagée les clans bourgeois en conflit.

 

La guerre n’est pas tombée du ciel ; elle est la conséquence des politiques réactionnaires des pouvoirs néocoloniaux qui se sont succédé de 1960 à nos jours et des affrontements des clans bourgeois autour du pouvoir d’Etat. La guerre actuelle n’est, en effet, qu’une péripétie de la crise du système néocolonial. Pour sortir de cette crise, la solution n’est pas de poursuivre la guerre réactionnaire actuelle avec des mots d’ordre à relents ethnicistes et xénophobes. La solution n’est pas non plus de chercher à remplacer un autocrate par un autre ou un valet de l’impérialisme par un autre fut –il élu à 99,99%. La solution n’est pas enfin de remettre la Côte d’Ivoire dans les bras de la communauté internationale.

 

La question centrale posée est celle du type d’Etat capable de résoudre correctement la question nationale, foncière, la question de la souveraineté populaire et nationale.

 

L'alternative révolutionnaire est aujourd'hui la seule voie à suivre, celle qui vous permet, Ouvriers, Paysans, Artisans, Travailleurs, Jeunes, Démocrates, Peuples de Côte d'Ivoire, de vous convaincre qu'il n'existe pas de sauveur suprême, qu'aucun des leaders bourgeois ne peut vous sortir des difficultés. L'expérience du pouvoir des refondateurs conduit par Gbagbo doit vous édifier sur cette vérité. La vraie solution pour sortir de la misère et de la crise est de vous organiser, de créer des comités de lutte en d'autres termes des soviets, de faire preuve d'héroïsme dans la lutte pour réunir les conditions de la révolution démocratique et populaire qui s’appuiera sur votre mobilisation effective, sur vos initiatives afin d’instaurer un gouvernement capable de mettre fin à la guerre par le désarment des belligérants, former une armée républicaine, rompre avec la présence des armées étrangères sur le sol national en particulier le 43ème BIMA, réorganiser l’administration, juger les criminels politiques et économiques, mettre en place une constituante afin d’élaborer une constitution démocratique, organiser les élections générales, rompre tous les accords de sujétion liant la Côte d’Ivoire aux pays impérialistes, mettre en place un programme de réhabilitation de l’économie par la mise en route de vastes chantiers d’Etat et l’encouragement de l’investissement privé, réhabiliter les revenus des travailleurs et des paysans pauvres, promouvoir les libertés et la démocratie, réhabiliter et renforcer l’école publique laïque pour faciliter l’accès des couches populaires à la formation.

 

L’espoir est permis car beaucoup de personnes embrigadées et trompées commencent à se désillusionner et à rejoindre le camp du patriotisme de bon aloi, de la lutte contre les puissances impérialistes et leurs valets locaux, le camp de la solidarité avec les peuples opprimés. En un mot, le camp de la démocratie révolutionnaire se renforce.

 

Ouvriers, Paysans, Artisans, Travailleurs, Jeunes, Peuples et démocrates de Côte d'Ivoire, il est temps de vous convaincre que seule la lutte vous amènera à vaincre les plans de guerres réactionnaires de la bourgeoisie, et vous conduira à des avancées notables dans la mise en place d'une République Démocratique et Moderne, résultat de la Révolution Nationale Démocratique Populaire et Anti-impérialiste victorieuse.

 

•A bas les clans bourgeois fauteurs de guerre et l'impérialisme français qui les y encourage !

 

•En avant pour le révolution démocratique et anti-impérialiste!

 

•Vive le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d'Ivoire !

 

 

Abidjan, le 23 juin 2007

 

Le troisième Congrès Ordinaire

 

 

Communiqué final du 3ème congrès ordinaire du PCRCI

 

Sur convocation du Comité Central, s'est réuni à Abidjan, les 22 et 23 juin 2007, le troisième Congrès Ordinaire du Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire avec le thème : "Pour une issue révolutionnaire à la crise en Côte d’Ivoire".

 

Les travaux ont démarré dans une grande ferveur militante.

 

Le troisième Congrès Ordinaire, premier congrès ordinaire après la légalisation du Parti, a examiné la situation qui prévaut sur le plan économique, social, culturel et politique dans notre pays et dans le monde.

 

Au plan de la situation internationale, le 3ème Congrès Ordinaire a souligné la remontée continuelle du mouvement de la classe ouvrière et des peuples après la contre-révolution des années 1988-1990. La superpuissance impérialiste américaine est empêtrée dans ses conquêtes coloniales en Irak et en Afghanistan. Elle n’arrive pas à imposer son diktat à l’Iran et à la Corée du Nord sur la question des armes nucléaires. Elle est de plus en plus contestée en Amérique Latine par certains pays Latino Américains comme le Brésil, Le Pérou, le Vénézuéla. En Europe, l’on note l’émergence des luttes fermes de la classe ouvrière contre le néolibéralisme, le refus d’une constitution européenne au service du grand capital. Tous ces mouvements de la classe ouvrière et des peuples en Amérique et en Europe sont encore contrecarrés par les actions des réformistes, socio démocrates et révisionnistes. L’Afrique est le théâtre des guerres réactionnaires organisées par les fractions bourgeoises au

 

 

 

 

 

 

 

 

Soudan, au Tchad, en Centrafrique, au Congo, en Côte d’Ivoire, sous la supervision des impérialistes. Il faut également noter les contestations de plus en plus fréquentes et violentes des élections, attestant une prise de conscience certaine des masses populaires tendant à dénoncer le vol de la souveraineté populaire organisé chaque cinq ans dans les néocolonies d’Afrique. Dans les pays démagogiquement présentés comme les laboratoires de la démocratie en Afrique (Mali, Sénégal, Bénin) la vérité a éclaté. Dans ces pays, la souillure, l’achat de conscience, la manipulation des listes électorales ont émaillé les élections quand bien même elles sont validées par les impérialistes. En RDC et au Nigeria, après les coups de gueule, l’impérialisme s’est contenté de traiter avec les vainqueurs du moment. Comme quoi, ce qui intéresse l’impérialisme ce n’est ni la démocratie, ni les libertés, ni le bien être des masses populaires ; ce qui les intéresse, c’est la capacité des dirigeants à imposer par la force un environnement propice à l’exploitation de la classe ouvrière et au pillage des matières premières dans nos pays.

 

Abordant la situation nationale, le Congrès a confirmé l'existence d'une crise profonde dans le pays, crise marquée d’une part par la partition du pays en deux suite à une guerre réactionnaire qui s’est déclenchée le 19 septembre 2002 et qui perdure, d’autre part par l’aggravation des contradictions entre fractions bourgeoises, enfin par une reprise des luttes des masses populaires contre l’arbitraire, l’absence de liberté, la misère, la corruption. Il y a d'un côté, le prolétariat et les peuples qui s'apprêtent à entrer en lutte pour la démocratie et le pain, des confrontations ayant déjà commencé sur le terrain des revendications sociales, d'un autre côté, les fractions bourgeoises en conflit et l'impérialisme international, français en particulier, qui cherchent une sortie de crise en leur faveur, c'est-à-dire en maintenant le statu- quo de domination impérialiste et la constitution autocratique de août 2000.

 

S’agissant du conflit armé, le Congrès a noté le caractère réactionnaire de la guerre déclenchée le 19 septembre 2002 sous les mots d’ordre de lutte contre la constitution autocratique, l’exclusion, la xénophobie, l’absence de liberté et de démocratie, les crimes politiques et économiques. En effet, les différents maux évoqués par la rébellion aussi réels qu’ils soient, ne peuvent pas trouver de solutions en dehors de la mobilisation des masses populaires, la force militaire détenue et utilisée par des soldats apolitiques n’étant pas capable de remplacer la conscience politique des peuples. Aussi, ce qui devait arriver arriva à cette rébellion de ‘’sauveurs’’. Avec le temps, les revendications initiales sont mises de côté ; l’impérialisme français est le maître du jeu par l’intermédiaire de Blaise Compaoré. Les peuples croupissent sous la misère alors que les chefs de guerre vivent dans une opulence insolente ; la fin de la guerre est souhaitée par la grande masse de la population sans autres conditions.

 

Le Congrès a noté l’échec des solutions impérialistes pour sortir la Côte d’Ivoire de la crise. Face à cet échec, la proposition d’une autre alternative devient une impérieuse nécessité. Aussi, le congrès a-t-il lancé un appel au peuple de Côte d’Ivoire pour le triomphe de l’issue révolutionnaire, la révolution nationale démocratique, populaire et anti-impérialiste.

 

Le Congrès a noté que le seul moyen pour sortir de cette crise est la révolution nationale démocratique populaire. Le congrès a noté un début de luttes fermes des masses populaires contre l’arbitraire, le fascisme et la misère. Le Congrès a, de ce fait, insisté sur la nécessité d'une tactique politique adéquate afin que l'indignation actuelle du peuple débouche sur des actions de protestation de sorte à transformer les luttes en cours en un vigoureux mouvement de contestation pour l’avènement d’une république démocratique et moderne.

 

Le congrès a noté que les concepts de lutte anti-impérialiste et de lutte patriotique ont été galvaudés par le pouvoir social chauvin FPI et ses milices. En effet, dans sa confrontation avec une aile de l’impérialisme français, le pouvoir FPI appelle les peuples de Côte d’Ivoire au secours sous le slogan de lutte contre l’impérialisme français, alors qu’objectivement il renforce la domination impérialiste par divers accords économiques, politiques, culturels et militaires. Il organise une campagne chauvine contre les ressortissants étrangers sous couvert de lutte contre la domination étrangère. Le Congrès s’est donné pour tâche de rappeler le contenu de classe de la lutte anti-impérialiste et patriotique, d’en faire la propagande dans la préparation des futures batailles anti-impérialistes

 

Dans la période actuelle caractérisée par l’imminence des élections générales, tentatives pour l’impérialisme et les fractions bourgeoises de sortir de la crise, le congrès a fixé comme mot d’ordre de campagne : Pour une constitution démocratique et des élections générales permettant l’expression de la souveraineté populaire. Les combats des masses populaires autour de ce mot d’ordre leur permettront au cours de cette période électorale de préparer les conditions de la révolution nationale démocratique anti-impérialiste et populaire seule alternative pour les masses populaires.

 

A l'issue des travaux, le 3ème Congrès Ordinaire a adopté une série de thèses, de résolutions, de motions et de déclarations et lancé un appel au peuple à poursuivre son combat pour la RNDPA. On peut retenir notamment les thèses définissant avec précision nos objectifs politiques et les moyens de les atteindre, les résolutions visant à appeler les communistes à plus d'engagement aux côtés du peuple dans sa lutte et les résolutions tendant à renforcer notre engagement internationaliste.

 

Le congrès a particulièrement insisté sur l’encadrement des fractions dans le mouvement ouvrier, paysan, des droits humains, des femmes et des jeunes, structures qui doivent permettre au Parti d’être en liaison étroite avec les mouvements de luttes syndicales et les mouvements de protestation en général.

 

Le congrès a recommandé une plus grande participation du Parti au Mouvement Communiste International qui connaît des difficultés momentanées, mais dont le dynamisme et la fermeté sont un gage pour le triomphe des révolutions prolétariennes de par le monde.

 

Le congrès a recommandé également de trouver les ressources nécessaires au fonctionnement du Parti et aux activités politiques nationales et internationales.

 

Les travaux ont été marqués par un engagement enthousiaste des communistes à davantage s'impliquer dans la lutte aux côtés des masses populaires contre les menaces de guerre réactionnaire, contre les criminels politiques et économiques, pour la démocratie et le pain, et pour le triomphe de la Révolution Nationale, Démocratique, Populaire et Anti-impérialiste.

 

Enfin, le congrès a donné quitus au Comité Central sortant et a mis en place un nouveau Comité Central, chargé de conduire le parti pour les 5 années à venir.

 

 

Fait à Abidjan, le 23 juin 2007

Le troisième Congrès Ordinaire

 

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte D’Ivoire