Activité 4

La tactique du PCRCI aux élections de 2005

 

Le présent texte qui est soumis à votre appréciation se propose d’orienter notre travail d’ensemble durant la période qui s’ouvre dans notre pays. Cette période sera marquée par les élections générales de 2005 ; mais c’est aussi la période qui peut être riche en événements révolutionnaires. Il est donc important que nous nous préparions à l’aborder avec des moyens idéologiques et politiques à la mesure des attentes du prolétariat et du peuple de Côte d’Ivoire.

 

Conformément à la constitution ivoirienne du 1er août 2000 en son article 36 et au code électoral, les élections générales (président de la république, députés, conseillers municipaux et régionaux) se dérouleront à partir d’octobre 2005.

 

Dans les nations dominées néocoloniales comme la notre, l’impérialisme et les fractions bourgeoises qui le servent usent de violences réactionnaires, d’intimidations, de fraudes, de falsifications, de manipulations, d’exclusions arbitraires pour soustraire au peuple son droit le plus absolu, sa souveraineté qui signifie la liberté de choisir ses dirigeants et de les révoquer à tout moment.

 

Les élections générales dans ces nations sont aussi le moyen pour l’impérialisme et ses valets de servir des promesses démagogiques, de semer de nouvelles illusions au sein du peuple, lorsque les dirigeants au service du grand capital, sont usés, décriés et vomis par les masses populaires.

 

Les différentes élections en Côte d’Ivoire, celles sous le parti unique PDCI comme celles sous le multipartisme, en particulier celles de 2000 qui ont porté le FPI au pouvoir, ont été émaillées de manipulations, des fraudes, de violences réactionnaires dans le but d’ôter au peuple sa souveraineté.

 

Mais le prolétariat et son parti se doivent de s’impliquer dans ces élections, parce que d’une part, cette période revêt une importance capitale pour les différentes classes et couches sociales, pour les différents partis et groupements politiques, représentants des intérêts particuliers divergents et parfois antagoniques, car il s’agit de la conquête du pouvoir d’Etat qui confère au vainqueur le pouvoir, la force et les moyens de s’imposer aux autres, d’autre part, les masses sont en éveil et sont disposées à participer aux débats politiques.

 

Pour les élections de 2005, notre Parti a donc le devoir de s’y impliquer aux côtés de la classe ouvrière, des autres travailleurs et de la paysannerie pauvre qu’il représente. Nous passerons en revue le contexte général des élections prochaines, l’analyse des classes et forces politiques en présence dans le champ politique ivoirien, le mot d’ordre central et la tâche centrale de notre Parti, les issues et les tactiques correspondantes.

 

Telles nous semblent être les principales préoccupations de l’heure.

 

 

 

I.L’analyse du contexte général des élections et la définition de nos tâches : crise au sommet, mais faible activité des masses fondamentales ouvrières et paysannes

 

 

L’influence de la guerre civile réactionnaire en cours demeure importante et retarde l’avènement d’une situation révolutionnaire. A propos de la situation révolutionnaire on peut lire sous la plume de Lénine ce qui suit : « Quels sont, d’une façon générale, les indices d’une situation révolutionnaire ? Nous sommes certains de ne pas nous tromper en indiquant les trois principaux indices que voici : 1) Impossibilité pour les classes dominantes de maintenir leur domination sous une forme inchangée ; crise du « sommet », crise politique de la classe dominante, et qui crée une fissure par laquelle le mécontentement et l’indignation des classes opprimées se fraient un chemin. Pour que la révolution éclate, il ne suffit pas, habituellement, que « la base ne veuille plus » vivre comme auparavant, mais il importe encore que « le sommet ne le puisse plus ». 2) Aggravation, plus qu’à l’ordinaire, de la misère et de la détresse des classes opprimées. 3) Accentuation marquée, pour les raisons indiquées plus haut, de l’activité des masses, qui se laissent tranquillement piller dans les périodes ‘’ pacifiques’’, mais qui, en période orageuse, sont poussées, tant par la crise dans son ensemble que par le ‘’ sommet’’ lui-même, vers une action historique indépendante…… (Lénine, La faillite de la Iième Internationale, Paris Moscou tome 21).

 

Sans ces changements objectifs décrits, c’est-à-dire, des changements indépendants de la volonté non seulement de tels ou tels groupes et partis, mais encore de telles ou telles classes, la révolution est, en règle générale, impossible.

 

La crise au sommet est manifeste. Même les partisans du FPI sont déroutés par l’impossibilité pour leurs chefs de tenir les engagements politiques pris avec eux. Le FPI a été contraint, suite à de nombreuses rencontres internationales, de signer des accords de paix, de partager le pouvoir avec les autres fractions bourgeoises mais aussi avec la rébellion. Il a été obligé de violer la constitution. Les antagonismes sont tels que ces concessions n’ont pas suffi. La crise au sommet a atteint un niveau inégalé avec les menaces de coups d’Etat proférées par des généraux et officiers supérieurs piliers du régime et en disgrâce aujourd’hui.

 

Bien que la crise politique au sommet soit aiguë, que la misère et la détresse des classes opprimées soient aggravées, l’activité des masses populaires reste faible. Le peuple ivoirien dans son ensemble continue de vivre dans un climat de terreur entretenu par les tenants du pouvoir FPI. Il n’arrive pas encore à organiser une résistance ferme ou à exprimer son refus de cette situation en partie à cause de la répression sauvage qui s’abat sur ceux qui osent critiquer ou se plaindre. Les différents assassinats politiques dont celui de Abib DODO, Secrétaire Général de la Jeunesse de notre Parti, les tueries des 24 et 25 mars 2004 perpétrées contre des militants et sympathisants de l’opposition, les assassinats massifs de paysans dans les zones de productions agricoles, les agressions physiques et autres menaces de mort attestent du fait que le fascisme avance à grands pas et menace d’endiguer le mouvement démocratique et révolutionnaire.

 

Le peuple ivoirien a du mal à arracher les libertés les plus élémentaires comme la liberté d’expression, d’organisation, la liberté de manifestation, la liberté de protestation contre la vie chère, bien que ployant sous le poids des difficultés de tous ordres. Les étudiants qui sont les plus actifs sur le front de lutte pour les libertés paient un lourd tribut. Ils sont assassinés, violés, torturés, interdits de séjour sur les campus universitaires de la ville d’Abidjan. La situation n’est pas plus reluisante dans les zones sous contrôle de la rébellion.

 

Malgré le constat de la faible activité politique des masses, la prise de conscience et le rejet du pouvoir actuel sont des sentiments de plus en plus largement répandus. Dans ces conditions, la reprise par les masses des mots d’ordre révolutionnaires n’est pas à exclure. Cette reprise des mots d’ordre révolutionnaires peut déboucher sur une crise révolutionnaire, c’est-à-dire qu’à ces changements objectifs ci-dessus énumérés peuvent rapidement s’ajouter un changement qualitatif, à savoir : « la capacité, en ce qui concerne la classe révolutionnaire, de mener des actions révolutionnaires de masse assez vigoureuses pour briser complètement (ou partiellement) l’ancien gouvernement …… » (Lénine, La faillite de la 2ème Internationale, Paris Moscou tome 21).

 

Le travail politique du PCRCI et de ses alliés doit aider à la maturation de ces conditions subjectives en gestation.

 

 

II. Les classes et forces politiques en présence : leurs contradictions, leurs alliances, leurs luttes

 

 

1°) Dispositions des forces bourgeoises

 

 

La tendance principale d’évolution de la situation politique est à la persistance de la guerre civile réactionnaire larvée que les fractions bourgeoises ivoiriennes se livrent depuis plusieurs années, guerre par laquelle les bourgeois ivoiriens appuyés par l’impérialisme français, prennent en otage le peuple ivoirien et les ressortissants étrangers vivant dans notre pays.

 

Entre 1990 et 1993, les luttes des masses populaires pour la liberté, la démocratie et la souveraineté populaire ont été appuyées par les partis politiques représentant la petite bourgeoise urbaine et rurale, partis opposés au PDCI qui constituait la fraction réactionnaire de la bourgeoise et la cible principale des luttes populaires. En 1993, à la mort de l’autocrate, dans la bataille pour sa succession, une fraction du PDCI, s’appuyant sur le chauvinisme et la xénophobie crée le concept de l’ivoirité pour tenter d’éliminer la fraction du PDCI regroupée autour d’Alassane Ouattara dont la nationalité est décrétée douteuse. Dès lors deux clans bourgeois se forment qui se livrent des luttes politiques émaillées de violences sanglantes. D’un côté les ivoiritaires avec à leur tête le PDCI, de l’autre les libéraux avec à leur tête le FPI et le RDR formant le front républicain. Depuis décembre 1999, avec le coup d’Etat qui a mis en déroute le pouvoir PDCI, nous sommes à une nouvelle phase des confrontations entre les fractions bourgeoises, la phase de la lutte armée.

 

Cette dernière phase de l’évolution des affrontements entre les fractions bourgeoises a provoqué une nouvelle recomposition des regroupements des forces bourgeoises.

 

 

Le regroupement constitué par le FPI et ses alliés : Le FPI est à la tête des partis qui se réclament de la mouvance présidentielle. Les principaux partis de cette mouvance sont le Parti Ivoirien des Travailleurs (PIT), l’Union pour la Démocratie Citoyenne (UDCY). Le FPI et ses alliés sont des adeptes de l’ivoirité.

 

Ce regroupement affiche une apparente sérénité bien qu’il soit gagné par le doute à l’approche de la fin du mandat de Gbagbo. Sous les apparences de forces opposées à l’impérialisme français, ses accointances avec ce dernier sont nombreuses : l’interview de Laurent Gbagbo au journal français « France Soir », l’atteste comme la récente rencontre tenue au Bénin entre Gbagbo et Ibrahima Coulibaly dit IB, une des figures de proue de la rébellion, accusé en septembre 2003 de tentative de coup d’État contre le pouvoir en place. Ce dernier est interdit de sortir d’Europe. S’il a pu venir à Cotonou au Bénin, c’est que le Gouvernement français l’a voulu.

 

 

Le regroupement des houphouétistes : Ce groupement est également nommé le G7 en référence à sa composition initiale après la table ronde de Marcoussis qui comprenait le PDCI, le RDR, l’UDPCI, le MFA et les trois mouvements rebelles (MPCI, MPIGO et MJP). Sans rompre avec les rebelles, les partis bourgeois légaux ont fait évoluer leur regroupement qu’ils ont baptisé « le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix ou RHDP ». Le regroupement des « houphouétistes », comprend, le PDCI, le RDR, l’UDPCI et le MFA.

 

Sans s’être déclarés houphouétistes, les rebelles n’ont pas rompu leurs liens avec les héritiers politiques d’Houphouët-Boigny. Ces deux groupes ne sont certes pas structurellement confondus, mais ils ont exactement les mêmes objectifs stratégiques, à savoir, chasser Gbagbo et le FPI du pouvoir et appliquer la constitution autocratique du 1er août 2000 à leur avantage. Les rebelles ont besoin de l’appui politique des houphouétistes qui n’excluent certainement pas un appui des rebelles si tous les accords politiques échouaient.

 

Même s’il n’est pas possible de dénier à la rébellion toute capacité de conquérir le pouvoir par la force, il est certain que cette rébellion a le handicap d’être loin de la ville d’Abidjan, centre névralgique du pouvoir ivoirien et qu’il lui serait difficile d’y porter une attaque décisive.

 

Cette coalition est circonstancielle. Si d’aventure, le pouvoir FPI s’écroule, de violents conflits entre la composante PDCI et la composante RDR ne tarderont pas à éclater.

 

 

2°) Le camp du prolétariat et de la révolution

 

 

Le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire (PCRCI) est le noyau central de ce camp comprenant des organisations engagées pour une transformation révolutionnaire de la société ivoirienne. Hormis le PCRCI, il y a des organisations de masse de divers secteurs (travailleurs salariés, paysans, étudiants et élèves) qui acceptent les conseils du PCRCI et qui ne se retrouvent pas dans les propositions des différentes fractions bourgeoises. Nous désignons ce regroupement par le vocable de démocratie révolutionnaire.

 

Les tentatives du PCRCI d’étendre ce camp à des partis politiques de la démocratie libérale afin d’élargir le front de lutte pour les libertés, la démocratie et contre l’impunité des crimes politiques n’ont pas encore donné tous les résultats escomptés. Mais le travail continue. Le PCRCI entretient des relations avec le Parti Socialiste Ivoirien (PSI), le Parti pour la Reconstruction Nationale et la Démocratie (PRND) et le Parti pour le Progrès et le Socialisme (PPS) qui sont d’accord pour mener le combat avec le PCRCI sur une plate-forme minimale convenue. Quant au Parti la Renaissance, il n’est pas hostile à des collaborations ponctuelles avec le PCRCI.

 

L’effort principal de notre parti pour renforcer le camp de la démocratie révolutionnaire reste orienté vers la mobilisation des masses fondamentales, les masses ouvrières, paysannes et le peuple dans son ensemble.

 

 

III.Mot d’ordre central et tâche centrale

 

La situation de crise actuelle se résoudra à travers la réalisation de l’une des issues suivantes : l’issue révolutionnaire ou l’issue impérialiste.

 

Notre Parti se réserve le droit de présenter des candidats à toutes les élections à venir si les conditions pour ce faire sont réunies. Si des partis bourgeois victimes de la politique du FPI prennent leur responsabilité et s’engagent dans le sens des revendications qui sont les nôtres, notre Parti devra œuvrer pour une unité à la base et éventuellement une unité de lutte au sommet.

 

 

1°) L’issue révolutionnaire

 

 

Tenant compte de la description de la situation objective et subjective faite ci-dessus, cette issue n’est possible que si l’activité des masses grandit suffisamment pour briser le régime actuel. Cette issue doit focaliser l’attention et les énergies de notre Parti parce que correspondant à ce qu’il y a de plus souhaitable pour le prolétariat et les masses populaires. La période actuelle est propice pour réaliser des avancées notables dans le processus de la Révolution Nationale Démocratique Populaire Anti-impérialiste (RNDPA).

 

Au regard de la situation politique actuelle, les masses populaires sont confrontées à deux problèmes essentiels à savoir : comment mettre fin à la guerre civile réactionnaire et comment en finir avec le pouvoir répressif et fascisant du FPI

 

Prenant en compte ces deux questions essentielles, pendant cette période, notre mot d’ordre central sera reformulée comme suit : Pour une constitution démocratique !

 

Il est entendu que la conquête d’une telle constitution et partant, d’un nouveau code électoral, garantira la liberté, la démocratie, mettra fin à la guerre civile réactionnaire, au pouvoir néocolonial et promouvra l’entente entre les peuples vivant en Côte d’Ivoire. La nouvelle constitution sera également la base de la réunification du pays divisé depuis le 19 septembre 2002. Cette nouvelle constitution et le code électoral attaché garantiront des élections véritablement libres et transparentes. Les élections dans de telles conditions garantiront l’expression de la souveraineté du peuple.

 

La lutte pour une nouvelle constitution, une constitution démocratique impose aux militants du PCRCI et à leurs alliés de grandes responsabilités et de nombreuses tâches. Celles-ci consistent à mener des actions politiques tendant à aider les masses à lutter contre la politique de misère et de souffrances que leur impose le pouvoir FPI, à se réveiller, à développer la solidarité entre leurs différentes composantes, à dire non aux mesures iniques, aux bâillonnements des libertés, aux assassinats, aux viols, aux enlèvements, à la torture, au tribalisme et à la xénophobie.

 

La réalisation pleine et entière de ce mot d’ordre et des objectifs affichés ne peut être possible que si l’énergie révolutionnaire des masses et l’engagement des militants révolutionnaires permettent la mise en place d’un gouvernement qui ne peut être autre q’un Gouvernement Révolutionnaire Provisoire (GRP). C’est un tel gouvernement qui peut convoquer une constituante capable d’élaborer une nouvelle constitution reflétant la volonté populaire.

 

La guerre civile réactionnaire en cours a montré aux masses populaires, aux démocrates, aux bourgeois libéraux, la nécessité de modifier la constitution du 1er août 2000 en lui imprimant un caractère plus démocratique. Les conditions objectives existent donc pour lancer un tel mot d’ordre.

 

L’impérialisme international a pris le devant pour imposer dans les accords de Marcoussis une révision constitutionnelle qui ne traite que de la question de l’éligibilité des candidats à la gestion de l’Etat néocolonial, négligeant ainsi le caractère anti-démocratique de cette constitution.

 

Notre activité politique de la période actuelle sera donc axée sur la revendication de l’abrogation de la constitution actuelle et sur la propagande et l’agitation autour de la nouvelle constitution qui est celle de la République Démocratique Moderne (RDM) dont les grandes lignes sont :

 

-La souveraineté du peuple ; c’est-à-dire que la totalité du pouvoir suprême d’Etat doit appartenir aux représentants du peuple élus par le peuple, révocables par lui et formant une seule assemblée qui fait les lois et désigne le chef du gouvernement ; la nouvelle constitution doit substituer un régime parlementaire au régime présidentiel actuel.

 

-La large application de l’autonomie administrative locale.

 

-La séparation effective de l’Etat et des institutions religieuses, la laïcité absolue de l’Etat.

 

-La liberté illimité de conscience, de parole, de presse, de publication, de réunion, de grève, d’association, de manifestation, de déplacement ; la protection et le droit d’asile politique à tous ceux qui sont menacés et persécutés pour des raisons politiques.

 

-L’institution de l’égalité des citoyens devant la loi électorale en déclarant que tout électeur est éligible ; la fin du cautionnement des candidatures pour mettre fin à la domination des criminels économiques sur le processus électoral et la représentation populaire.

 

-La garantie de l’indépendance de la justice en instituant l’élection des présidents des différentes chambres judiciaires ;

 

-La modification de la composition de l’Assemblée Nationale en adjoignant à cette assemblée des représentants des corporations professionnelles, permettant ainsi aux classes laborieuses d’être en mesure de défendre leurs intérêts spécifiques;

 

 

2°) L’issue impérialiste

 

 

Si d’aventure, l’activité des masses reste faible, cette issue révolutionnaire souhaitable qui est décrite ci-dessus ne se réalisera pas ou ne se réalisera que partiellement. Dans ce cas, c’est l’issue impérialiste qui s’imposera sous l’une de ses deux déterminations que sont l’institution d’un protectorat onusien ou la réalisation d’un coup d’Etat militaire.

 

Cette issue sauvera le système néocolonial en crise en installant ou maintenant au pouvoir , Bédié, Ouattara ou Gbagbo. Ces derniers sont, comme déjà indiqué plus haut, tous des hauts bourgeois, pro-impérialistes, antidémocratiques qui ont déjà montré qu’ils sont capables d’exercer la pire répression contre toute velléité de contestation pour conserver le pouvoir.

 

Mais, dans le souci de maintenir son influence, l’impérialisme français met tout en œuvre pour installer au pouvoir celui de ses poulains qui montrera sa capacité à assurer la pérennité de ses intérêts en Côte d’Ivoire.

 

Les actions de déstabilisation organisées contre les régimes de Bédié puis de Gbagbo s’expliquent par leur politique chauviniste, ivoiritaire et de répression excessive susceptible de provoquer un soulèvement populaire et mettre en péril les intérêts impérialistes. Les accords de Marcoussis visent ainsi à créer une large base d’accord entre fractions bourgeoises ivoiriennes pour un renforcement du pouvoir bourgeois pro-impérialiste face aux luttes populaires.

 

Compte tenu de l’évolution de la situation politique, du fait que la tenue de l’élection présidentielle n’est plus possible le 30 octobre prochain et que le FPI aura plus de difficultés ou n’aura même plus la possibilité de manipuler cette élection à son seul profit, un ‘’passage en force’’ du FPI et ses alliés n’est plus possible pour s’imposer au pouvoir après le 30 octobre 2005.

 

Les tenants du pouvoir FPI sont contraints de s’aligner sur les conditions de l’impérialisme puisqu’ils sont pris à leur propre piège qui a consisté à faire du dilatoire en jouant avec les accords qu’ils ont eux-mêmes signés. N’ayant donc pas mis la bonne foi dans l’exécution de ces différends accords Gbagbo semble avoir perdu toute chance quant à un éventuel avantage que l’impérialisme aurait pu lui accorder en fermant les yeux, comme au Togo, sur toutes les anomalies dans le processus électoral, pour lui permettre de s’imposer facilement à ses concurrents.

 

Cependant, il est fort probable que Gbagbo ne quittera pas le pouvoir de bon gré en acceptant une ‘’transition civile’’, à moins qu’en grand opportuniste, il se débarrasse au dernier moment des bellicistes, jusqu’auboutistes de son camp. Il prendrait ainsi le risque de fragiliser son propre camp puisqu’il serait amené à se débarrasser de certains membres de son entourage ce qui équivaudrait à les livrer à la justice nationale ou internationale. Ce serait une épreuve douloureuse pour lui et les siens. Gbagbo semble donc condamné à continuer à faire la résistance pour finalement s’aligner sur les directives de l’impérialisme.

 

Une ‘’transition’’ sera donc organisée selon un schéma que le FPI et Gbagbo ne maîtriseront pas. Dans l’hypothèse d’une pression populaire faible, le programme de Marcoussis sera le programme maximum de l’issue impérialiste qu’il s’agisse de l’intervention directe des forces sous mandat de l’ONU ou d’un coup d’Etat perpétré par l’armée ivoirienne. Dans le cas contraire, l’impérialisme, pour endiguer le mouvement révolutionnaire, pourrait prendre à son compte des éléments de la constitution démocratique ci-dessus quitte à les vider de leur contenu révolutionnaire.

 

 

-Intervention des forces de l’ONU

 

 

Si Gbagbo quitte ‘’pacifiquement’’ le pouvoir sous la pression de l’ONU, le schéma de Marcoussis sera appliqué avec Gbagbo sur la même ligne de départ que ses autres concurrents. Mais s’il est défait après avoir opposé une résistance armée, il sera, à l’instar de Aristide ou de Taylor, écarté de la candidature à la prochaine élection présidentielle. Le FPI sera contraint de présenter un autre candidat à cette élection après la période de transition assurée par un mandataire de l’ONU. Ce sera le protectorat onusien. Dans ce cas, les seules modifications de la constitution seront relatives aux conditions d’éligibilité à l’élection présidentielle. L’armature autocratique, liberticide et confligène de la constitution restera en l’état. Malgré tout, notre travail politique autour de notre projet de constitution ne sera pas abandonnée. Ainsi, au sortir du processus le peuple sera préparé à réagir face aux méfaits de la constitution et du code électoral version Marcoussis et les bases pour continuer le combat pour une constitution démocratique seront posées et renforcées.

 

 

-La réalisation d’un coup d’Etat militaire

 

 

Le programme de Marcoussis sera également celui d’un éventuel coup d’Etat militaire, cela d’autant plus que c’est l’impérialisme français qui orientera le processus. Les chances de participation de Gbagbo à la présidentielle seront plus réduites. Il sera remplacé par un autre dirigeant du FPI. Cette variante de l’issue impérialiste donnera lieu à plus de règlements de comptes que la solution onusienne et sera porteuse de plus de risques de confrontations immédiates dans le sens de la poursuite de la guerre civile réactionnaire.

 

 

Si Gbagbo refuse la ‘’solution politique’’ qui lui est proposée par l’impérialisme et l’opposition bourgeoise ivoirienne, l’intervention des forces onusiennes ou celle des militaires ivoiriens aura pour effet de réduire considérablement les chances de Gbagbo de participer à la compétition électorale. Cette issue mettra momentanément fin à la guerre civile réactionnaire et permettra la tenue des élections. Cependant, le risque de reprise de cette guerre n’aura pas disparu car la réconciliation des fractions bourgeoises et leur désarmement intégral prendront du temps.

 

Le pouvoir répressif et fascisant du FPI disparaîtra, mais le régime néocolonial continuera sous d’autres formes.

 

Si la guerre civile réactionnaire reprend après la réalisation de l’issue impérialiste, les classes révolutionnaires auront le devoir de transformer cette guerre en guerre civile révolutionnaire pour la libération du peuple contre l’impérialisme et ses complices locaux.

 

 

 

Le Comité Central.

 

 

 

 

Le PCRCI vous appelle à la mobilisation générale pour l’unité de luttes contre le patronat et le pouvoir Ouattara

 

 

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte D’Ivoire