Communiqué 16

Déclaration

 

LE PCRCI EXIGE L’ARRET DES ATTEINTES AUX LIBERTES

 

Le mardi 18 novembre 2014, un mouvement de revendications des militaires de rang (caporaux et soldats sans grades), parti des casernes de Bouaké s’est étendu à toutes les casernes des autres villes de Côte d’Ivoire : Abidjan, Korhogo, Daloa, etc. Les entrées des casernes de ces villes ainsi que des voies publiques ont été fermées à la circulation, jetant le trouble et la peur au sein de la population. Le ministre de la défense au journal télévisé de 13 heures du même jour a dans un communiqué fait état des revendications et indiqué par la même occasion les réponses du gouvernement. Selon le ministre, le gouvernement a décidé :

1-De payer à la fin du mois de novembre et à la fin du mois de décembre 2014 les arriérés de salaires de 476 soldats dont les soldes ont été bloqués depuis 2011.

2-De payer les arriérés des frais de déplacement de ces soldats fin novembre et fin décembre 2014.

3-De trouver une solution au paiement des salaires de 8400 soldats laissés pour compte depuis 2009, malgré les engagements pris pour les payer

4-D’accorder les droits aux baux administratifs à ces 8400 soldats à partir de janvier 2015.

5-D’allouer des ressources supplémentaires pour la prise en charge médicale totale des soldats.

6- De mettre en place un programme de formation pour l’avancement des soldats.

 

Le ministre de la défense a terminé son communiqué en demandant aux soldats de rejoindre les casernes et libérer les routes. Mais à Bouaké les soldats ont envahi les locaux de la télévision, en ont chassé les travailleurs et ont fait enregistrer pour diffusion leur réponse à leur ministre.

Au journal télévisé de 20 heures du même jour, le ministre de l’intérieur Hamed Bakayoko est venu à la rescousse de son collègue de la défense pour dire aux soldats de croire au gouvernement « car son président, Alassane Ouattara, est un homme de parole ». Il a donc rappelé les propositions et assuré que le gouvernement tiendra parole. Il a enfin indiqué que le président était en courroux (sans avoir dit contre qui !) car pour lui ce sont des revendications justes qui devraient avoir déjà trouvé des solutions idoines.

 

Rappelons que la semaine dernière, des journaux ont fait état d’une tournée du chef d’Etat major dans les casernes. Au cours de celle-ci, les soldats ont fait connaitre leurs préoccupations. Mais il semble qu’aucune entente n’a pu être trouvée puisque ces mêmes journaux rapportent que la tournée s’est « terminée en queue de poisson ». Vu ces informations, nous pouvons affirmer que ces revendications datent de longtemps et ont été plusieurs fois exposées. Il est donc impossible que le président de la république les ignore. Mais comme à son habitude, le gouvernement Ouattara «ignore» les conditions sociales des masses populaires. Les revendications sociales des élèves, des enseignants, des fonctionnaires, des salariés du privé et des soldats peuvent attendre. Quand les civils revendiquent, ils sont brimés, jetés en prison ; leurs salaires sont suspendus. Quant aux militaires, après les avoir assimilés aux « putschistes », le gouvernement consent enfin à examiner leurs revendications.

Nous observons que l’armée n’a plus confiance en ses chefs. Si non comment expliquer qu’un ministre de la république soit obligé de dire avec insistance aux soldats de ne pas écouter les bruits de sirène et que le président de la république, chef suprême des armées « est un homme de parole ».

Nous observons également que c’est à l’occasion des crises comme celle qui a débuté mardi que le gouvernement s’aperçoit que l’armée ivoirienne a besoin de meilleures conditions de vie, qu’elle mérite que les promesses qui lui ont été faites soient tenues.

Nous ne cesserons jamais de le répéter, les conditions pour doter la Côte d’Ivoire d’une armée républicaine, disciplinée et efficace sont : sa dotation en moyens de travail, l’amélioration des conditions de vie des soldats. Pour ce faire, le gouvernement doit accorder à l’armée ivoirienne toute l’attention qu’elle mérite au lieu de confier la défense du pays à des armées étrangères.

 

En conséquence, le Parti communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire (PCRCI)

-Dénonce le manque de volonté politique du pouvoir Ouattara de construire une véritable armée républicaine

-Dénonce les conditions de vie et de travail précaires des militaires de rang de notre armée

-Dénonce l’attitude du pouvoir Ouattara qui méprise les mouvements de revendications sociales.

-Soutient sans réserve les revendications sociales légitimes des militaires de rang et les exhorte à demeurer vigilants face aux manœuvres de division et de manipulation du gouvernement.

-Appelle les démocrates, les travailleurs salariés et les fonctionnaires à soutenir ce mouvement social.

 

 

Abidjan le 18 novembre 2014

 

Le Secrétaire Général

Achy Ekissi