Communiqué 23

Déclaration

 

PREMIERE MANIFESTATION DE LA CNC : LA LIBERTE DE MANIFESTATION RESTE TOUJOURS BAILLONNEE PAR LE POUVOIR OUATTARA.

 

 

La première manifestation appelée par la Coordination Nationale pour le Changement (CNC) le mardi 9 juin sous la forme de marches éclatées, a montré une fois de plus que le pouvoir Ouattara est allergique à l’expression de la liberté en particulier la liberté de manifester sur la voie publique.

Alors même que les organisateurs des manifestations affirment avoir écrit une lettre d’information au Ministère chargé de l’Intérieur, voici la déclaration dudit ministère après le constat de l’incapacité des forces de l’ordre d’encadrer les manifestations.

Des manifestations non autorisées et organisées dans certaines villes du pays ont entraîné des dégâts matériels. Des affrontements entre manifestants et commerçants aux abords du marché de Guiglo ont occasionné une perte en vie humaine.

Le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité réaffirme la fermeté du Gouvernement contre les initiateurs et organisateurs de telles manifestations illégales qui perturbent l’ordre public.

Les auteurs de ces violences seront poursuivis et traduits devant les tribunaux.

Il est rappelé que toute manifestation sur la voie publique est soumise à autorisation administrative préalable (souligné par la rédaction) ; tous les acteurs politiques sont invités à se conformer strictement aux procédures réglementaires en la matière.

 

Fait, Abidjan le 09 juin 2015

Cette déclaration ministérielle tend à faire prévaloir les mesures administratives sur la loi. En effet, l’Article 11 de la constitution ivoirienne dispose : « Les libertés de réunion et de manifestation sont garanties par la loi ».

Et en vertu des lois ivoiriennes, les manifestations ne sont pas soumises à un régime d’autorisation administrative préalable mais plutôt à celui de la déclaration ou de l’information préalable. Dans un Etat de droit, les mesures administratives sont au service de la loi. Si restrictions il doit y avoir par rapport aux principes généraux du droit, c’est pour des raisons particulières très précises qui sont :

 

1) la menace de troubles graves, sérieux et

2) l’absence de moyens efficaces, c’est-à-dire l’insuffisance des forces de police pour maintenir l’ordre public.

 

A quatre mois de l’élection présidentielle, si le Ministre de l’Intérieur prétend qu’il y a une menace de troubles graves, c’est inquiétant pour la tenue de l’élection et surtout pour la liberté de mouvement des candidats de l’opposition. Si ce sont les forces de police qui sont insuffisantes, alors que le ministre le dise ce qui dénoterait l’incapacité de son département.

 

Prenant prétexte de l’absence d’autorisation de cette manifestation, les forces de l’ordre ont chargé les manifestants dans certaines villes comme Abidjan, Gagnoa, Guiglo, etc., au lieu de les sécuriser. Le bilan officiel fait état d’au moins un mort à Guiglo, de plusieurs blessés graves, des arrestations.

 

Le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

 

-Estime que tous les crimes commis au cours de cette manifestation sont la conséquence du refus du Ministère de l’Intérieur de sécuriser celle-ci.

-Condamne le refus du Ministère de l’Intérieur de sécuriser cette manifestation

-Condamne les arrestations, et les agressions des forces de l’ordre contre les manifestants

-Exige une enquête judiciaire pour déterminer les responsabilités et pour que les coupables des crimes soient arrêtés et jugés

-Exprime sa solidarité avec les militants des partis de la CNC dans leurs luttes pour un état de droit

-Exprime sa compassion aux familles des personnes décédées, et souhaite un prompt rétablissement aux personnes blessées.

 

Vive l’Etat de droit contre l’arbitraire et vive la liberté de manifestation dans les espaces publics.

 

 

 

Fait à Abidjan, le 12 juin 2015.

 

Le Secrétaire Général

EKISSI Achy