Communiqué 26

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

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VICTOIRE DE LA REVOLUTION AU BURKINA FASO

LE VAILLANT PEUPLE A PARACHEVE SA REVOLUTION. LA QUESTION DU DEPART DE NOTRE PAYS, DE BLAISE COMPAORE SE POSE PLUS QUE JAMAIS !

 

 

 

Rappelons que le mercredi 16 septembre 2015, des éléments armés du Régiment de la Sécurité Présidentielle (RSP) ont fait irruption en plein conseil des ministres qui se tenait au palais Présidentiel à OUAGADOUGOU, ont pris en otage le Président Michel KAFANDO, le premier ministre et des membres du gouvernement. Dans la matinée du 17 septembre 2015, le coup d’Etat a été annoncé à la télévision nationale burkinabé. Les putschistes proclament alors la dissolution des organes de la transition (Présidence, Gouvernement et Assemblée) et la création d’un Conseil National de la Démocratie (CND) avec à sa tête le général Gilbert DIENDERE, l’homme des basses besognes de Blaise COMPAORE.

Rappelons aussi que ce coup d’Etat était intervenu à quelques jours du début des élections générales qui doivent marqué la fin de la transition démocratique et également à la veille du jour où la famille de Thomas SANKARA, à l’appel du Procureur, devait prendre connaissance des résultats des analyses de l’ADN ainsi que des résultats des analyses balistiques sur les ossements trouvés dans la tombe de ce dernier. La coïncidence du coup d’Etat de DIENDERE avec ces événements suscités ne laisse aucun doute quant à la nature contre-révolutionnaire et pro-COMPAORE des putschistes de Ouagadougou.

DIENDERE, c’est celui-là même qui dirigeait le commando qui a assassiné le Président SANKARA en 1987. Les prétendues revendications, savoir, l’organisation d’élections soi-disant inclusives avec la participation de tous les criminels, le maintien du RSP, la garde prétorienne de Blaise COMPAORE, n’ont pas pu faire diversion. Le peuple avait une conscience claire de ce qu’il avait à faire pour parachever sa révolution débutée les 30 et 31 octobre 2014. Il avait conscience que parachever sa révolution signifiait dessoucher le régime despotique de COMPAORE et mettre fin à l’impunité.

Recherchant l’impunité de tous les crimes commis en 27 ans, depuis 1987, contre le peuple du Burkina Faso par la clique à COMPAORE, les putschistes, DIEDERE et ses comparses ont pensé faire peur au peuple en continuant à tuer au cours de leur coup de force.

Mais la réaction du peuple a été vigoureuse, avec un seul mot d’ordre qui a retenti de tous les secteurs de la société burkinabé. Inadmissible ! Tel fut le cri qui a retenti chez les travailleurs, la jeunesse et l’ensemble de la société civile. En l’espace de quelques heures, les putschistes du RSP se sont retrouvés seuls contre tous : l’écrasante majorité de la population, l’écrasante majorité des forces armées, l’extraordinaire énergie des travailleurs et de la jeunesse malgré le déploiement des éléments du RSP, qui ont parfois tiré à balles réelles sur la population. Des manifestants ont ainsi incendié le domicile de Gilbert DIENDERE, dans son village natal de Yako, tandis que d’autres ont saccagé le domicile, en construction, de l’actuel président du CDP, Eddie KOMBOÏGO. Le siège du CDP à Bobo Dioulasso a lui aussi été attaqué, en représailles au coup d’État.

Les travailleurs, à travers les Centrales Syndicales toutes tendances confondues, unies en « une Unité d’Action Syndicale (UAS) Burkina Faso » ont lancé le 16 Septembre un mot d’ordre de grève illimité.

Cette révolution victorieuse du peuple Burkinabè est pleine d’enseignements pour les autres peuples, le peuple ivoirien en particulier.

Le premier enseignement à tirer est que les forces contre-révolutionnaires restent toujours à l’affut contre les conquêtes révolutionnaires. Ce putsch était donc prévisible. En effet, la révolution d’octobre 2014 avait créé une situation d’équilibre instable où il n’y avait ni vainqueur ni vaincu. Le pouvoir de COMPAORE a été renversé mais son appareil militaire et sécuritaire n’avait pas été détruit. Soit le peuple réussissait à triompher complètement. Soit les pro-COMPAORE incarnés par le RSP, revenaient à la charge. Ce sont les pro-COMPAORE qui ont tenté de reprendre le dessus. La menace de dissolution qui pesait sur le RSP a amené ce dernier à passer à l’offensive, dans la précipitation.

Le deuxième enseignement est que ce coup a été préparé de longue date par toute la clique des réseaux de FrançAfrique : dont les MACKY Sall et Alassane OUATTARA. Car il est pour le moins curieux qu’un Comité de Médiation soit mis sur pied et ceci quelques jours avant le coup. Toute l’opinion avait été préparée sur la fameuse question des « élections inclusives », question agitée au niveau de la CEDEAO. Les nombreux déplacements du président déchu COMPAORE dans les pays comme le Maroc et le Congo-Brazzaville et les mouvements de va-et-vient des pro-COMPAORE entre OUAGADOUGOU et ABIDJAN en étaient des révélateurs.

Le troisième enseignement est que le peuple burkinabè déterminé a défendu héroïquement sa révolution contre tous les ennemis de la démocratie et a triomphé en imposant sa solution au prix de lourds sacrifices : officiellement 11 morts et près de trois cents blessés. Ainsi la révolution inachevée d’octobre 2014 vient de connaître son épilogue. Elle vient d’être achevée. Un peuple déterminé est invincible.

Le quatrième enseignement enfin est que le faux débat sur la « non inclusion » des partisans de Blaise COMPAORE a aussi connu sa solution. Tout le monde sait qu’il n’y a pas de révolution sans l’exclusion des contre-révolutionnaires. En France, De Gaulle n’a pas seulement exclus les pétainistes pro-nazis de tout processus électoral à l’issue de la seconde guerre de 1945 ; il les a condamnés à mort et bon nombre ont été fusillés.

Travailleurs, jeunes, peuple de Côte d’Ivoire, nous disons au peuple burkinabè encore une fois « Bravo » et « merci » pour l’aide et la leçon administrées. Au cours de ces événements, visiblement, le président OUATTARA de la Côte d’Ivoire avait pris le parti des putschistes qu’il n’a nullement dénoncé. Il s’est contenté de dire, par la voix de son porte-parole : « Il s’agit d’un problème interne. Toutefois, le gouvernement et le chef de l’Etat suivent avec beaucoup d’attention ce qui s’y passe » et d’ajouter « Nous souhaitons la paix, la stabilité dans ce pays frère qui a plus 3 millions de sa population qui vit en Côte d’Ivoire » (In le Patriote du 21 septembre 2015). Le gouvernement ivoirien était pourtant tenu de condamner le coup d’Etat comme l’ont fait les organisations internationales dont la Côte d’Ivoire est membre et comme l’ont également fait plusieurs pays pris individuellement.

 

Le PCRCI avait déjà affirmé son opposition à l’asile accordé à COMPAORE dans notre pays et avait lancé l’appel suivant : le PCRCI, invite le peuple ivoirien, les démocrates, les défenseurs des droits humains, les organisations de travailleurs et les partis politiques à…. lutter pour exiger du gouvernement le départ immédiat du sanguinaire Blaise COMPAORE et sa suite ». Notre parti réitère cet appel car il n’acceptera jamais que la Côte d’Ivoire soit le repère des sanguinaires déchus.

Le PCRCI exige du gouvernement Ouattara le respect de la volonté du peuple Burkinabé, car les révolutions d’octobre 2014 et de septembre 2015 dans ce pays frère ont décidé de traduire ce sanguinaire devant les tribunaux. Peuple de Côte d’Ivoire, Blaise COMPAORE est le bourreau du peuple burkinabè chassé du pouvoir par une insurrection ; et il pèse sur lui de lourds soupçons de crimes graves qui ne peuvent restés impunis.

 

Vive la révolution du peuple du Burkina-Faso !

Vive la révolution africaine, démocratique et anti-impérialiste !

Le peuple ivoirien vaincra !

Les peuples vaincront.

Abidjan le 7 octobre 2015.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivo

 

 

 

 

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte D’Ivoire