Communiqué 28

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

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DECLARATION

 

ELECTION PRESIDENTIELLE 2015 EN COTE D’IVOIRE : OUATTARA SE SUCCEDE A LUI-MEME, DANS UN CONTEXTE D’ABENCE DE LIBERTE

 

 

 

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Comme annoncé, Alassane Ouattara qui était candidat à sa propre succession est réélu président de la république de Côte d’Ivoire pour un deuxième mandat consécutif.

 

Ouattara et son gouvernement avaient assigné deux objectifs principaux à cette élection : i) permettre à la Côte d’Ivoire d’avancer vers « l’émergence » par la réélection d’Alassane Ouattara ; ii) par la bonne organisation de l’élection, le caractère inclusif de celle-ci, l’absence de violences avant, pendant et après le scrutin, la forte participation des électeurs, la transparence du scrutin, montrer à la « communauté nationale » et à la « communauté internationale » que les ivoiriens se sont « réconciliés » et que la crise postélectorale de 2010-2011 est désormais un lointain souvenir ;

 

Tous les moyens de l’Etat ont été mobilisés à cet effet. Les 12 mois qui ont précédé l’élection ont été consacrés à des « visites d’Etat » dans toutes les régions du pays. Des promesses d’aménagement du territoire, de constructions d’industries ont été faites en contrepartie de l’engagement arraché aux régions visitées de voter à 100% pour Ouattara lors de l’élection présidentielle. Les messages qui ont été délivrés par Ouattara lui-même et tous ses thuriféraires disaient clairement que les populations devraient accorder l’intégralité de leurs suffrages à Ouattara pour éviter d’être exclus des « bienfaits » de l’Etat de Côte d’Ivoire. Une forte pression a ainsi été exercée sur les populations des différentes régions dans la perspective de faire grimper le taux de participation à l’élection présidentielle. La peur des effets des appels au boycott était présente dans l’esprit des tenants du pouvoir et de la communauté internationale. Le taux officiel de participation vient d’être annoncé à 54,63%.

 

Vu le déséquilibre des moyens pour faire la campagne, avec notamment la télévision publique au service exclusif du président Ouattara puis, du candidat Ouattara, la victoire de celui-ci au final ne faisait pas de doute. Cette victoire vient d’être proclamée dès le premier tour à 83,66 % des suffrages exprimés. C’est l’épilogue d’une élection sans suspens dans un contexte d’absence de liberté. L’objectif le plus cher à Ouattara et ses soutiens est atteint. En effet, ceux qui croient à « l’émergence » de la Côte d’Ivoire sous la houlette de Ouattara peuvent pousser un ouf de soulagement.

 

Par contre, il n’est pas sûr que la « communauté nationale » et la « communauté internationale » soient entièrement convaincues d’une réelle sortie définitive de crise ou même que les conditions en soient réunies. Il n’y a certes pas eu d’affrontements, mais cela s’explique en grande partie par le fait que les Ivoiriens ne sont plus nombreux à vouloir prêter le flan à une nouvelle guerre réactionnaire comme en 2010-2011.

 

Mais, il est notable que le déficit de liberté et de démocratie demeure grand ; or c’est cela qui fait le lit des conflits. La répression contre ceux qui pensent différemment des tenants du pouvoir n’a pas faiblit ; depuis 2011, les manifestations de l’opposition y compris pendant la période électorale ont été en majorité interdites ou les organisateurs ont été contraints à des négociations interminables avec le ministre de la sécurité ; l’avis favorable définitif de ce dernier était dans tous les cas donné la veille des manifestations, à des heures tardives, où il n’était plus possible pour les organisateurs de donner des consignes permettant une réelle mobilisation.

 

Le Conseil National de la presse a continué de sévir contre la liberté d’expression et de la presse avec des mesures de suspensions arbitraires contre les organes de presse et les journalistes qui ne faisaient pas les louanges du président, même lorsque celui-ci était président-candidat. Les prisonniers politiques de la crise postélectorale sont encore nombreux en prison, certains d’entre eux n’ayant jamais été présentés à un juge ; plusieurs autres opposants ont été emprisonnés à l’approche de l’élection présidentielle.

 

Les hauts bourgeois doivent prendre conscience que sans le respect des libertés individuelles et collectives, une élection présidentielle ne peut pas résoudre tous les problèmes accumulés par la mauvaise gouvernance du pays.

 

Abidjan, le 28 octobre 2015

 

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

 

 

 

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte D’Ivoire