Communiqué 33

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

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DECLARATION

A PROPOS DES MANDATS D’ARRET INTERNATIONAUX DELIVRES

PAR LES AUTORITES DU BURKINA FASO CONTRE GUILLAUME

SORO ET BLAISE COMPAORE

 

 

 

Les autorités du Burkina Faso ont adressé ces derniers temps, coup sur coup, deux mandats d’arrêt internationaux à l’attention des autorités de la Côte d’Ivoire. Le premier, qui daterait du 4 décembre 2015, est délivré contre Blaise Compaoré, ancien dictateur du Burkina Faso, réfugié en Côte d’Ivoire depuis 2014. Le second est délivré contre Guillaume SORO, président de l’assemblée nationale ivoirienne.

Si jusqu’à présent les autorités ivoiriennes tardent à se prononcer sur le mandat concernant COMPAORE, l’information sur le mandat d’arrêt concernant SORO a été officiellement portée à la connaissance du public le lundi 18 janvier 2016.

1.Le cas Blaise Compaoré

Dès le 20 novembre 2014, le PCRCI indiquait : « Blaise Compaoré ne doit pas bénéficier de l’asile politique en Côte d’Ivoire ». En date du 7 novembre 2015, le PCRCI avait également dénoncé la tentative de coup d’Etat du général DIENDERE contre les autorités de la transition du Burkina Faso et exigé du gouvernement Ouattara le respect de la volonté exprimée par le peuple Burkinabé, à travers les révolutions d’octobre 2014 et de septembre 2015 en particulier celle de traduire ce sanguinaire devant les tribunaux.

Le pouvoir Ouattara n’a pas encore entendu ces différentes exigences qui sont pourtant l’expression du sentiment d’une grande partie du peuple ivoirien et ce pouvoir continue de protéger COMPAORE.

Maintenant que la volonté du peuple burkinabè est traduite en acte officiel dans un mandat d’arrêt international, le gouvernement ivoirien n’a plus d’autre choix que de livrer COMPAORE à la justice de son pays ou à tout le moins de l’expulser de la Côte d’Ivoire vers une destination de son choix.

2. Le cas Guillaume SORO

Quelques jours après le coup d’Etat manqué de DIENDERE contre la transition burkinabè le 17 septembre 2015, des informations persistantes sur la possible implication de Guillaume SORO dans ce coup de force ont abondamment circulé, notamment sur les réseaux sociaux. Sur ces réseaux, une bande sonore permettait d’entendre deux voix attribuées respectivement à Guillaume SORO et Djibril BASOLE, ex-ministre de COMPAORE, proche des putschistes burkinabè. Il est question dans cette bande, d’aide à apporter pour le succès du putsch et pour l’élimination physique de personnalités proches de la transition au Burkina Faso. Bien que les arguments utilisés par le camp SORO / BASSOLE pour sa défense avaient du mal à convaincre, c’est le mandat d’arrêt délivré par les autorités du Burkina Faso, qui fournit une base plus solide pour permettre une expression d’opinion. Cela est d’autant plus aisé qu’un communiqué publié sur son site internet par la présidence ivoirienne en date du lundi 18 janvier 2016 confirme l’information. Il est écrit : « La République de Côte d’Ivoire a reçu, d’Interpol Côte d’Ivoire, un mandat d’arrêt international, transmis par Interpol Burkina Faso, à l’encontre de Monsieur Guillaume Kigbafori Soro, Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire ». Puis la suite indique : « La Présidence de la République de Côte d’Ivoire s’étonne que ce document, qui vise le Président de la deuxième Institution de la République de Côte d’Ivoire, ait été émis au mépris des règles et des us et coutumes en la matière ». Puis plus loin on peut lire : « Au regard des liens séculaires d’amitié et de fraternité qui unissent nos deux pays et nos deux peuples, la République de Côte d’Ivoire, tient à réaffirmer sa ferme volonté de régler cette question par la voie diplomatique dans le respect des accords qui nous lient, afin d’éviter tout différend entre nos deux États ».

Pour leur part, les députés ivoiriens affirment que le mandat d’arrêt burkinabè contre Soro est "inamical" et qu’il « doit être purement et simplement annulé ».

Les réactions des officiels ivoiriens face au mandat d’arrêt international contre SORO laissent toutes les vraies questions sans réponses. La question essentielle est de savoir si Guillaume SORO, président de l’Assemblée nationale et deuxième personnalité de notre pays est vraiment partie prenante des propos de la bande sonore qui circule sur les réseaux sociaux ? Les autorités burkinabè semblent accorder du crédit au contenu de l’enregistrement sonore, d’où le mandat d’arrêt. Si c’est cela la vérité, ce serait très grave. Tant que les autorités ivoiriennes n’auront pas tout mis en œuvre pour démontrer le contraire des allégations des autorités burkinabè, il est totalement inapproprié de se limiter à invoquer les « liens séculaires d’amitié et de fraternité » comme le fait la présidence de la république ivoirienne ou le caractère « inamical » du mandat d’arrêt selon nos parlementaires. Tous les ivoiriens qui ont écouté la bande sonore savent que ce qui y est dit n’a rien de « conforme à des liens séculaires d’amitié et de fraternité », ni « d’amical ». Lorsqu’un haut dirigeant de notre pays prône le renversement violent des institutions et la liquidation physique de personnalités du Burkina Faso, pays ami et frère, ce n’est pas le Burkina Faso qui doit être accusé de bafouer les relations d’amitié et de fraternité, mais bien la Côte d’Ivoire.

Au stade d’évolution actuelle des accusations contre SORO, il n’est plus question de faire dans la mauvaise diplomatie ou dans les sentiments. Le peuple ivoirien se sent trahi et humilié. Le gouvernement de Côte d’Ivoire et SORO doivent faire toute la lumière sur cette affaire. Ils doivent affronter le mandat d’arrêt international, affronter la justice. C’est la seule façon de laver l’honneur de la Côte d’Ivoire, de son gouvernement, de son institution parlementaire, de Guillaume SORO lui-même afin que soit préserver les relations d’amitié et de fraternité entre le peuple de Côte d’Ivoire et le peuple du Burkina Faso, entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso.

Pour atteindre cet objectif, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire (PCRCI) demande la démission de SORO de l’Assemblée Nationale, afin qu’il soit en position d’assurer sa défense.

En outre, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire appelle tous les démocrates, les révolutionnaires, les défenseurs des droits humains de Côte d’Ivoire à se joindre à lui en vue d’obtenir l’expulsion de COMPAORE de notre pays. C’est le soutien internationaliste minimum que le peuple de Côte d’Ivoire a le devoir d’apporter au peuple frère du Burkina Faso, dans son combat contre les pouvoirs sanguinaires, pour les libertés, la démocratie et le bien être social.

 

Fait à Abidjan, le 22 janvier 2016.

Parti communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

 

 

 

 

 

 

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte D’Ivoire