Communiqué 35

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

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DECLARATION

LA NATURALISATION DE COMPAORE : LA NATIONALITE

IVOIRIENNE NE PEUT LUI ASSURER AUCUNE IMMUNITE

 

 

 

 

Les Ivoiriens ont été informés officiellement le 24 février 2016 que Blaise COMPAORE a été naturalisé ivoirien. Cette naturalisation a été pourtant signée le 17 novembre 2014 et publiée au journal officiel le 18 janvier 2016.

Tout porte à croire que cette naturalisation est un simple tour de passe-passe juridique en espérant que le nouveau bénéficiaire de la nationalité ivoirienne pourra ainsi échapper à la justice burkinabè. Le PCRCI est partisan de l’asile politique à tous ceux qui sont menacés dans leur intégrité pour des raisons d’opinions, mais il ne peut accepter que la Côte d’Ivoire soit un refuge pour dictateurs déchus et qui ont l’obligation de rendre compte à leurs peuples. D’ailleurs, pour le PCRCI, les crimes politiques doivent être imprescriptibles.

Le PCRCI demande au gouvernement ivoirien de se détromper s’il pense permettre à COMPAORE d’échapper à la justice burkinabè en lui donnant la nationalité ivoirienne. Cela est inacceptable sur le plan politique et éthique. Même sur le plan purement juridique, l’article 12 de la constitution ivoirienne ne peut être d’aucun secours pour le gouvernement Ouattara et son encombrant hôte. Cet article 12 stipule :

Alinéa 1 : Aucun ivoirien ne peut être contraint à l’exil.

Alinéa 2 : Toute personne persécutée en raison de ses convictions politiques, religieuses, philosophiques, ou de son appartenance ethnique peut bénéficier du droit d’asile sur le territoire de la République de Côte d’Ivoire, sous la condition de se conformer aux lois de la République.

Une jurisprudence rend l’alinéa 1 inopérant dans la perspective d’une éventuelle impunité à COMPAORE ; plusieurs ivoiriens sont actuellement contraints à l’exil et d’autres ont été livrés à des tribunaux étrangers.

Quant à l’alinéa 2, COMPAORE n’est pas persécuté, encore moins pour « ses convictions politiques, religieuses, philosophiques, ou de son appartenance ethnique », mais il lui est demandé de se présenter devant la justice du pays qu’il a dirigé d’une main de fer pendant 27 ans, pour s’expliquer sur des faits d’assassinats, de disparitions forcées qui lui sont imputés.

Le PCRCI exige du gouvernement ivoirien d’éviter de faire de la nation ivoirienne un refuge pour assassins ou présumés assassins. La majorité du peuple ivoirien refuse les naturalisations destinées à couvrir la fuite de présumés malfaiteurs et le PCRCI s’engage à apporter sa contribution à l’effort de lutte du peuple ivoirien afin que Blaise COMPAORE n’échappe pas à la justice du Burkina Faso par la faute de la Côte d’Ivoire.

Fait à Abidjan, le 29 février 2016.

 

Parti communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte D’Ivoire