Communiqué 37

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

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Site: www.revolutionproletarienne.net

 

 

DECLARATION

L’INSTITUTION D’UN CHEF DE L’OPPOSITION : UN RECUL DE LA DEMOCRATIE EN COTE D’IVOIRE

 

 

 

 

 

 

Le conseil des ministres, en sa séance du mercredi 6 avril 2016 a adopté un projet de loi qui définit « le cadre légal d’exercice des partis et groupements politiques et institue un chef de l’opposition, ainsi que les conditions de sa désignation ». Il est précisé que « le chef de l’opposition sera le candidat ou le chef du parti ou groupement politique arrivé deuxième à la dernière élection présidentielle » c’est-à-dire celui qui vient après le candidat élu au scrutin.

Pourquoi le gouvernement s’évertue-t-il à institutionnaliser un chef de l’opposition ? L’intention de museler l’opposition se dissimule avec beaucoup de peine derrière pareille préoccupation. La Côte d’Ivoire a besoin d’une opposition qui joue son rôle et non d’une opposition de façade qui accompagne le gouvernement. La Côte d’Ivoire a besoin d’une opposition qui veille pour qu’il y ait une bonne utilisation des deniers publics, du bien public en général par les gouvernants, le respect des libertés et de la démocratie, le respect de la constitution et des lois de la république;

Voici un pays où il n’y a jamais d’audit, ou bien s’il y en a le peuple n’est pas informé des résultats. Par exemple, notre pays est réputé riche, de l’aveu même des gouvernants, mais curieusement toutes ses réalisations sont financées à plus de 80% sur prêts des pays étrangers ou d’institutions étrangères. Le peuple ivoirien n’a pas encore réussi à comprendre ce paradoxe et l’opposition ivoirienne ne l’a pas encore aidé à le comprendre.

Voici un pays où le gouvernement s’ingère dans la gestion des partis d’opposition en violation de la loi sur les libertés et de la loi sur les partis politiques. Voici un pays où le président viole la constitution en envoyant des citoyens en exil (transfèrement de Gbagbo et Blé Goudé à la Haye). L’opposition n’a pas encore réussi à obliger le pouvoir à respecter les lois.

L’opposition ivoirienne est loin d’avoir réaliser sa mission de sentinelle conjointement avec l’ensemble des citoyens pour contraindre le gouvernement à une gestion respectueuse du bien public, des libertés, de la démocratie et des lois. Notre conviction est que de nombreuses batailles sont encore nécessaires pour doter notre pays d’une telle opposition.

Dans un tel contexte, nommer un chef de l’opposition signifie simplement associer un élément de l’opposition à la table du festin, l’utiliser comme moyen pour tenter de discréditer la vraie opposition puisque le gouvernement s’évertuera à faire croire que c’est la voix d’un tel pantin qui est la seule crédible. Si le gouvernement veut associer ‘‘un opposant’’ à son pouvoir, il ferait mieux de lui offrir un portefeuille ministériel et de laisser l’opposition faire son travail d’approfondissement de la démocratie pour une saine gestion dans notre pays.

Pour le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire :

-Seuls les partis ou groupements ou personnalités politiques d’opposition dans leur combat pour l’approfondissement de la démocratie dans notre pays, peuvent se préoccuper de la nécessité de se donner un chef et de décider en conséquence de définir les critères pour son choix.

-Il ne revient donc pas au pouvoir de désigner le chef de l’opposition

-Ce projet de loi portant statut de l’opposition doit être retiré, car il représente un recul de la démocratie en Côte d’Ivoire.

 

Abidjan le 08 avril 2016.

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte D’Ivoire