Communiqué 39

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

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DECLARATION

DU PCRCI SUR LA SITUATION NATIONALE

 

 

 

 

 

 

Le dernier plenum du Bureau Politique du PCRCI tenu le 31 juillet 2016 a analysé la situation politique et sociale nationale, en particulier les évènements relatifs aux dernières luttes populaires contre la hausse des prix du KWH et à celles conduites par la FESCI pour de meilleures conditions d’études et a produit la déclaration dont la teneur suit :

La situation politique nationale actuelle est dominée d’une part, par les débats sur la modification de la constitution du 1er aout 2000 et d’autre part, par une accentuation des luttes populaires contre la vie chère et pour de meilleures conditions de vie.

 

Les débats sur la constitution ; oui pour une constitution démocratique et moderne

 

Le plenum note que le gouvernement Ouattara hésite encore entre modifier/réviser la constitution en vigueur et élaborer une nouvelle constitution qui serait celle de la 3ème république. Ledit gouvernement semble pencher pour l’adoption d’une nouvelle constitution vu que la constitution de 2000 baptisée constitution de la 2ème république est élaborée de telle sorte que sa modification exige la tenue de deux référendums successifs, un sur la procédure de révision (art. 126) et un autre sur le contenu. La Côte d’Ivoire passera selon les tenants du pouvoir actuel de la 2ème république à la 3ème république.

Quelles sont les modifications profondes prévues par Ouattara qui justifieraient que la nouvelle constitution ferait passer la Côte d’une république à une autre, pourrait-on se demander ? Pour l’instant, le plenum note que les peuples de Côte d’Ivoire n’ont aucune indication précise. Le pouvoir Ouattara entretient le flou et le suspens pour tenter d’escamoter les débats et de violer la volonté populaire. En analysant les différents discours des tenants du pouvoir l’on pourrait s’acheminer vers une constitution dont l’innovation majeure serait la création d’un poste de vice-président, renforçant ainsi le pouvoir présidentiel. Une telle modification ne changerait pas le contenu de la constitution actuelle. Bien au contraire, elle renforcerait le caractère autocratique de cette dernière. Les autres modifications concerneraient les conditions d’éligibilité du président de la république.

Le plenum rappelle que le PCRCI a, depuis 2000, milité pour une nouvelle constitution, socle juridique d’une république démocratique indépendante et moderne.

En effet le PCRCI a toujours dénoncé le caractère autocratique de cette constitution de 2000 où le président de la république a tous les pouvoirs y compris celui de se juger et de choisir ses adversaires politiques. Il a le contrôle de toutes les autres institutions de la république. Dans cette constitution la décentralisation, c'est-à-dire le transfert de certaines prérogatives du pouvoir central aux pouvoir locaux n’est qu’une vue de l’esprit. Le PCRCI a également toujours dénoncé le fait que la constitution de 2000 ne pose pas de balises contre la violation de la souveraineté nationale. Le territoire de la Côte d’Ivoire peut abriter des armées étrangères sur simple accord avec le gouvernement. C’est le cas du stationnement de l’armée française en Côte d’Ivoire. Cette constitution institue notre rattachement forcé à l’ancienne puissance coloniale, la France, par la langue (le français), la monnaie (le FCFA). Dans cette constitution les peuples n’ont aucune possibilité de contrôle et de sanction des élus. Enfin, dans cette constitution, certaines conditions d’éligibilité sont inapplicables dans les conditions historiques actuelles de la Côte d’Ivoire.

 

Nous opposons à cette constitution autocratique, à pouvoir présidentiel fort, une constitution où l’essentiel du pouvoir exécutif est dévolu au chef du gouvernement issu de la majorité parlementaire avec des mécanismes de contrôle et de sanction de l’exécutif et de tous les élus; une constitution qui institue une vraie décentralisation avec des pouvoirs locaux; une constitution qui protège la souveraineté nationale et pose les balises contre sa violation. Une constitution qui propose dans une loi organique des conditions d’éligibilité conformes à l’évolution de l’éthique en la matière au niveau international (conditions de nationalité, de limitation de mandats et d’âge, de santé, de représentativité, etc.).

Au moment où s’ouvre le débat sur la constitution, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire appelle les intellectuels modernes et les intellectuels traditionnels, les travailleurs , les paysans, les femmes, les jeunes, les démocrates, les patriotes et tous les révolutionnaires à prendre avec lui la mesure des dangers que fait planer sur nos têtes et le pays le maintien de la constitution de 2000 et à militer en faveur de ses thèses constitutionnelles (voir brochure thèses constitutionnelles et thèses sur le domaine foncier rural en Côte d’Ivoire) pour une république démocratique, indépendante et moderne.

L’accentuation des luttes populaires contre la vie chère et pour de meilleures conditions de vie. Soutien sans réserve aux mouvements de protestations.

Le plenum note que depuis quelques mois les masses populaires ivoiriennes accentuent les luttes contre la vie chère et pour de meilleures conditions de vie. Ces luttes sont la conséquence de l’aggravation de la misère sociale, de l’incapacité du pouvoir Ouattara a trouvé des solutions aux maux qui minent la société ivoirienne et du sentiment général de rejet de la gouvernance du RHDP.

Les ouvriers, les paysans, les petits commerçants, les transporteurs, les artisans, les élèves et étudiants, les sans emplois, vivent dans une précarité de plus en plus grande. Le pouvoir d’achat s’amenuise face à l’inflation galopante. Les ménagères ne savent plus que faire pour nourrir leurs familles. Un seul repas par jour, auquel beaucoup de foyers sont soumis depuis longtemps, est à présent difficile à obtenir. Cette misère est aggravée par les actes et décisions du pouvoir.

En effet des milliers de foyers sont jetés à la rue par des opérations de déguerpissement sans solutions d’accompagnement pour reloger les familles.

Les ménages se retrouvent subitement avec des factures d’électricité qui ont augmenté de plus de 10% alors que ce prix devrait baisser concurremment à la baisse du prix des produits pétroliers, combustibles entrant dans la production à au moins 75% de l’électricité produite en Côte d’Ivoire. Pour les hauts bourgeois au pouvoir qui vivent dans un luxe insolent et qui ne payent ni électricité, ni eau, ni téléphone, augmenter les factures d’électricité de 10, 20 ou 30% sur injonction du FMI et de la Banque Mondiale sous prétexte d’équilibrer les comptes du secteur électrique apparait comme une politique judicieuse. C’est selon eux la vérité des prix.

Face à cette décision antisociale, les masses populaires ont à juste titre réagi vigoureusement. Elles ont dit niet à l’augmentation du prix du KWH et du montant des factures. Elles disent également non à l’arnaque qui consiste à vouloir faire accepter cette décision par l’allongement du délai de paiement de la facture de juillet 2016. Elles s’organisent pour faire échec à l’arnaque.

 

Depuis 2012, à l’ouverture des universités après un an de fermeture pour travaux de rénovation, les étudiants réclament des conditions d’étude acceptables. Le pouvoir Ouattara est resté sourd à ces revendications.

Face à ce mépris et à la tentative de réquisitionner les quelques cités réhabilitées pour les jeux de la francophonie, les étudiants sous la conduite de la FESCI, de COERCI ont lancé des grèves à l’université FELIX HOUPHUET BOIGNY, pour réclamer des équipements de laboratoires, pour dire non à l’année blanche en faculté de médecine et de pharmacie, protester contre la réquisition des chambres universitaires au profit des athlètes des jeux de la Francophonie prévus en 2017. Ces grèves, très largement suivies, ont été sauvagement réprimées. Les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation des principaux dirigeants de la FESCI. Le pouvoir a décidé de la suspension des activités de toutes les organisations d’étudiants, mettant ainsi à exécution son plan de liquidation de la liberté syndicale estudiantine qu’il a concocté depuis 2011 dès sa prise de fonction. Le 1er acte a été d’interdire les syndicats dans les lycées et collèges. Le 2ème acte a été de désigner les délégués d’amphi comme les seuls interlocuteurs des autorités universitaires et scolaires, le 3ème acte a été de faire stationner un contingent de policiers sur le campus. Le 4ème acte est la suspension des activités syndicales dans les universités et la mise en scelle des délégués d’amphi.

 

Face à ces mouvements de protestations sociales, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

-Soutient sans réserve ces protestations

-Dénonce la répression sauvage sur les grévistes étudiants et les protestataires contre l’augmentation du prix de l’électricité,

-Dénonce toutes les organisations et partis politiques qui sous prétexte de la violence observée lors de ces mouvements, condamnent ces protestations sociales. Tient pour seul responsable de ces casses et de la violence le pouvoir Ouattara

-appelle les ouvriers, les paysans les autres travailleurs, les jeunes, les femmes à oser lutter crânement pour le bien être social, les libertés et la démocratie.

 

 

Abidjan, le 31 juillet 2016

 

LE BUREAU POLITIQUE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte D’Ivoire