Communiqué 55

JUSTICE

POUR

ABIB

DODO

ASSASSINS

A LA BARRE !

 

 

ADRESSE AU PEUPLE DE COTE D’IVOIRE A L’OCCASION DU NOUVEL AN 2018

 

L’amorce d’une nouvelle année est traditionnellement le moment de formuler des vœux à l’endroit de toutes celles et de tous ceux qui nous sont chers, mais c’est aussi le moment de faire avec ces personnes chères,

le bilan de l’année écoulée afin de mesurer l’effort individuel et collectif à fournir pour nos ambitions et rêves, somme toute, légitimes.

 

J’ai noté que l’année 2017 a été une année difficile pour vous, ouvriers, paysans, autres travailleurs, jeunes, chers miens. Vos espérances ont été loin d’avoir été satisfaites. La marche triomphale vers « l’émergence » promise par Ouattara s’est avérée au fil du temps, un vrai mirage pour vous.

 

J’ai noté qu’au plan économique et social, malgré le taux de croissance économique de 8% que votre travail a permis d’obtenir et qui justifie la fanfaronnade du pouvoir, vous êtes à peine, à un repas frugal par jour ; entre 2016 et 2017, le prix du cacao a chuté de 36%, celui de l’hévéa de plus de 20% ; votre capacité à vous soigner, à payer la scolarité de vos enfants, s’est amenuisée, avec la multiplication des rackettes dans les services de base ; tandis que vous broyez du noir, les tenants du pouvoir et leurs coteries, s’offrent des vacances en Europe, en Asie, dans les paradis touristiques. Ils se soignent en France, aux USA, au Maroc, en Tunisie. Leurs enfants sont dans les universités huppées de l’occident. Vous vivez dans la misère et vous le savez mieux que moi. Seuls les hauts bourgeois perchés au sommet de l’Etat, osent pour vous narguer, parler de réduction de votre pauvreté, d’amélioration de vos conditions de vie.

 

En 2017, au plan politique la situation a été des plus difficiles pour vous. Les libertés individuelles et collectives ont été largement bafouées : il reste encore beaucoup de prisonniers politiques (Assoa Adou, Hubert Oulai, Samba David, etc.) qui croupissent dans les geôles du pouvoir Ouattara sans jugement. Gbagbo Laurent et Blé Goudé sont encore en déportation à la Haye. De nombreux ivoiriens sont encore contraints à exil.

J’ai noté également que notre pays reste encore occupé par l’armée française qui a, au mois d’octobre 2017, renforcé son effectif de 200 parachutistes au moment où des remous se sont signalés dans l’armée nationale ; en nous souvenant de la période douloureuse 2002-2011, il ya de quoi avoir froid au dos ; malgré cette présence massive de soldats, censés nous protéger, la sécurité n’est pas de mise aussi bien à l’intérieur qu’aux frontières du pays ; les gangs munis d’armes de guerre font la loi dans les grandes villes et à la campagne. Ces criminels attaquent sans être inquiétés de jour comme de nuit, les sites militaires, les entreprises, les convois, les individus, emportant biens et armes. Plus grave, en Côte d’Ivoire, des domiciles privés font office de lieux de stockage d’armes de guerre qui peuvent être utilisés à tout moment dans les conflits entre les clans des hauts bourgeois. Le peuple de Côte d’Ivoire est véritablement en danger.

 

J’’ai noté aussi que le pouvoir Ouattara est empêtré dans la corruption et dans un vaste réseau bien organisé d’enrichissement illicite. Les marchés de gré à gré sont légion ; les fameux travaux d’infrastructures sont un moyen pour distribuer les fonds de l’Etat aux membres de la famille politique du RHDP. L’exemple le plus parlant concerne les travaux de réhabilitation des routes, travaux qui sont repris à chaque saison de pluie par les mêmes entreprises défaillantes. La Côte d’Ivoire est véritablement dépecée par des vautours perchés au sommet de l’Etat.

 

Au cours de l’année 2017, vous vous êtes battus: les fonctionnaires pour le respect des engagements pris par le gouvernement ; les travailleurs du privé et des sociétés d’Etat contre les licenciements collectifs, les licenciements abusifs ; les paysans pour l’augmentation du prix du cacao ; les agents des mairies et de la douane pour de meilleures conditions de rémunération et contre les vols de leurs primes ; les étudiants contre les rackettes à l’école ; etc. tous pour l’amélioration de vos conditions salariales et de votre cadre de travail, contre les restrictions des libertés syndicales, contre la corruption et les rackettes. Au lieu de discuter avec vous, le pouvoir Ouattara a déployé les forces de l’ordre pour vous réprimer, vous gazer, vous humilier; vos leaders ont été jetés en prison et ou privés de salaires. Malgré tout vous avez obtenu et remporté des victoires, même si beaucoup de combats restent encore à mener sur ces différents points, même si les bonzes syndicaux ont baissé la culote en signant une trêve sociale pour 5 ans. Mais ces victoires partielles sont la preuve que vous n’obtiendrez rien du pouvoir des hauts bourgeois sans vous battre.

L’année 2017 se termine avec l’appréhension de joutes électorales incertaines et dangereuses, sénatoriales et communales, avec une Commission Electorale et un Conseil Constitutionnel partisans et chevillés au RDR, des conditions d’élection non transparentes, une liste électorale non à jour, un service d’établissement des cartes nationales d’identité défaillant, en résumé une volonté d’organiser la fraude électorale ; au plan social, l’année se termine par de nombreuses revendications non satisfaites (corps enseignant, corps médical, douaniers, agents de mairie, etc.), l’accentuation des rackettes des élèves et étudiants, des enseignants stagiaires, etc. Il faut également ajouter à ce tableau social une inflation galopante depuis l’augmentation du prix de l’essence.

La réalité aujourd’hui est que le peuple vit de plus en plus difficilement. Les chiffres mirobolants affichés, ne remplissent pas le panier de la ménagère, ne mettent pas vos enfants à l’école, ne vous soignent pas. La réalité est que la croissance réalisée grâce à votre travail ne profite pas au peuple. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, tous ceux qui vivent de leur travail (salariés permanents ou occasionnels, artisans et paysans, commerçants et revendeuses des marchés) plongent chaque jour un peu plus dans la misère. Mais, le pouvoir des hauts bourgeois, insensible aux peines des travailleurs et du peuple, sourd aux cris de désespoir, chante que tout va bien. La réalité est que vous êtes en face d’un pouvoir démagogique et répressif. Ce pouvoir voudrait que vous l’applaudissiez alors que tout va mal, alors que vous sombrez dans la misère.

 

Nous avançons surement vers le chaos. Est-ce une fatalité. Non, encore une fois non. Je ne cesserai de répéter que la Côte d’Ivoire ne sera que ce que ses peuples voudront qu’elle soit. Je ne cesserai de vous appeler à la lutte pour mettre fin au pouvoir liberticide et affameur des hauts bourgeois, sources de nos malheurs.

Ma conviction est que seul un pouvoir des ouvriers paysans et autres travailleurs sera à même d’impulser une économie moderne au profit des masses populaires et d’ériger la probité, la justice et l’état de droit en règle de gestion du pouvoir, dans une Côte d’Ivoire émancipée.

 

Pour l’année 2018 qui débute, je voudrais au nom du Parti Communistes Révolutionnaire de Côte d’Ivoire (PCRCI) souhaiter à chacun et à chacune mes veux de santé, joie, succès, prospérité ; que chacun et chacune aient l’espoir de pouvoir vivre dans une Côte d’Ivoire de liberté, de démocratie et de bien être social. Je souhaite aux peuples de Côte d’Ivoire, le courage et la volonté nécessaires, pour défendre leurs salaires, leurs revenus, l’école publique, pour riposter à toutes atteintes aux libertés et à la démocratie, pour dénoncer la présence de l’armée française et de toutes les armées étrangères en Côte d’Ivoire et exiger leur retrait de notre territoire, pour dans un élan patriotique, former un front des forces politiques qui veulent la fin du système néocolonial et le pouvoir de prédation, afin d’avancer vers le pouvoir des peuples, la seule alternative politique à leur profit. Bonne et heureuse année 2018.

 

 

Abidjan le 25 décembre 2017

 

Achy Ekissi

 

Secrétaire Général du PCRCI

 

 

 

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Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

PCRCI

EN MARCHE

 

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