Communiqué 59

 

La commémoration des acquis du soulèvement populaire de 1990

Contre l’autocratie houphouétiste

 

Houphouët Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire a dirigé d’une main de fer le pays durant 30 ans (1960-1990) en foulant aux pieds la constitution. Les massacres des populations, les répressions violentes des opposants ont émaillé ce régime. La création d’un parti politique d’opposition était considérée comme un crime de lèse-majesté. C’était un autocrate qui ne s’est pas privé de s’enrichir et d’enrichir son clan et ses amis impérialistes pendant que la situation de la majorité de la population se dégradait d’année en année.

A partir de 1980, la faillite du système néocolonial s’amorce avec la chute des prix des matières premières. Les institutions de Breton Wood, appelées au secours arrivent avec leur programme d’ajustement structurel qui se résume en la fermeture ou à la restructuration des entreprises d’Etat jetant à la rue des milliers de travailleurs, en la restriction du budget de l’Etat, bloquant les salaires et les embauches, laissant se dégrader les services de santé et d’éducation. Lorsqu’en 1989 et 1990, le gouvernement décide d’appliquer la diminution des salaires, les mouvements de grèves vont s’amplifier et gagner tous les secteurs de la vie sociale. Des manifestations de rue apparaissent et se transforment en défiance du pouvoir. Des slogans du genre Houphouët voleur ! Houphouët démission ! font leur apparition au cours de ces manifestations. Acculé de toute part, l’autocrate après avoir échoué dans ses tentatives d’imposer au peuple des mesures d’austérité, décide le 31 mars 1990 d’abandonner la diminution des salaires et concède le 3 mai 1990, l’application de l’article 7 de la constitution qui reconnait la liberté d’organisation en partis politiques.

L’on peut retenir que par sa mobilisation et sa lutte, le peuple a fini par arracher la liberté de s’organiser en partis politiques et les travailleurs ont eu le droit de s’organiser dans les syndicats de leur choix. Cette concession de l’autocrate est une grande victoire qui mérite d’être célébrée. C’est une expérience qui montre que les peuples de Côte d’Ivoire sont capables de soulever des montagnes.

Mais cette victoire a ses limites. Le caractère autocratique du pouvoir perdure avec des constitutions antidémocratiques où toutes les institutions sont soumises à l’exécutif, où le peuple n’a aucun droit de contrôle sur les élus. La 3ème République à défaut d’instaurer le parti unique bâillonne toutes les libertés; les prisons sont remplies de personnes qui ont osé donner leurs opinions politiques; toute manifestation est interdite; un tiers du sénat est nommé par le Président de la république ;

Au plan de la domination impérialiste, l’impérialisme français, continue le pillage des ressources nationales, exerce sa domination en imposant sa monnaie et sa langue. Il a une base militaire pour surveiller ses intérêts en Côte d’Ivoire et imposer le pouvoir politique à sa convenance.

C’est pourquoi, il importe de poursuivre le combat pour un changement profond mettant bas le système néocolonial dans sa globalité. C’est le combat pour la souveraineté, la liberté, la démocratie et le pain, Il est celui de la Révolution Nationale Démocratique Populaire et Anti-impérialiste.

 

Abidjan le 2 mai 2018

 

Achy Ekissi

Secrétaire Général

 

 

 

 

 

 

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

PCRCI

EN MARCHE

 

PARTI COMMUNISTE RÉVOLUTIONNAIRE DE CÔTE D’IVOIRE

Siège: Williams ville Sogefiha Duplex Bat C, Appt. H 264 Route Macaci, face cite CRS

17 BP 1096 Abidjan 17- Tel: 23 01 22 99 / 20 37 10 51

E-mail: pcrci@yahoo.fr / Site Web: www.revolutionproletarienne. net