Communiqué 64

Adresse aux peuples de cote d’ivoire a l’occasion du nouvel an 2019

 

Les peuples de Côte d’Ivoire et du monde s’apprêtent à célébrer l’entrée dans l’année 2019. C’est l’occasion pour le Comité Central du Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire (PCRCI) de souhaiter à chacun et à chacune les vœux les plus chers. C’est aussi pour nous l’occasion de faire le bilan politique de l’année 2018 qui vient de s’écouler et de passer en revue les défis de celle qui va commencer afin de prendre de nouveaux engagements.

 

Au plan politique, l’on a assisté aux élections sénatoriales, communales et régionales. Au cours de ces différents scrutins, les structures chargées de leur organisation, la Commission Electorale Indépendante et le Conseil constitutionnel se sont illustrés de fort belle manière à être des institutions chevillées au pouvoir Ouattara de par la constitution et dans les faits. Elles ont été organisatrices et complices des braquages électoraux au profit des candidats parrainés par le pouvoir. L’on a aussi assisté à la désorganisation des partis d’opposition dans une logique de quête de parti unique qui ne dit pas son nom. L’on a également noté le départ du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et de la mouvance des Forces Nouvelles, du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP. Enfin, l’on a noté la libération partielle des prisonniers de la crise postélectorale.

 

Au plan social, le pouvoir d’achat des masses populaires a continué à se détériorer. Le chômage est resté préoccupant. Des travailleurs de FILTISAC et de SOGB ont été licenciés pour raison économique pour les premiers et pour grève ‘’sauvage’’ pour les seconds. Les ouvriers de SOGB ont usé du droit de tout travailleur à faire grève. Le motif de celle-ci était une demande d’augmentation des salaires refusée par la direction depuis des années, au motif que la société est dans une situation financière difficile. Ces deux sociétés sont selon les directions dans une situation financière difficile. Mais, en consultant les Etats financiers de ces sociétés à la centrale des bilans, l’on constate qu’elles se portent bien. Les résultats nets de FILITISAC sont : en 2015 de 3929 millions Cfa, en 2016 de 4055 millions Cfa, en 2017 de 2482 millions Cfa, au 30 septembre 2018 de 329 millions CFA. Les dividendes distribuées aux actionnaires de cette société sur la période 2015-2017 s’élèvent à 10466 millions Cfa pour un capital social de 8824 millions CFA; les réserves (dividendes non distribués) s’élèvent au 31 décembre 2017 à 16 milliards CFA. Les résultats nets à la SOGB sont: en 2015, 5993 millions Cfa, en 2016, 6157 millions Cfa, en 2017, 10428 millions Cfa, au 30 septembre 2018, 1379 millions Cfa; les dividendes sont: en 2015, 4100 millions Cfa, en 2016, 4100 millions Cfa, en 2017, 7700 millions Cfa soit un total de 16 milliards CFA pour un capital social de 21 milliards Cfa; le report à Nouveau, dividendes cumulées non distribuées au 31 décembre 2017 s’élèvent à 21 milliards Cfa. Ces chiffres montrent clairement la cupidité de ces chefs d’entreprises et la complicité des gouvernants qui cautionnent ces licenciements.

Les fonctionnaires ont vu leurs revendications systématiquement rejetées par le gouvernement au motif que des collectifs de syndicats ont signé avec lui une trêve sociale. Ce refus est accompagné de ponctions sur les salaires, de brimades, d’arrestations. Le cas des agents du ministère de l’intérieur et de la décentralisation est symptomatique. Cette administration est bloquée depuis 2017 du fait de la grève des agents. Pour toute réponse, le pouvoir Ouattara n’a que la répression.

Les paysans sont confrontés à la baisse drastique des prix du café et du cacao ; 700 Cfa le kg de café et 750 Cfa le kg de cacao. Les produits des planteurs d’hévéa et d’anacarde ne trouvent pas preneurs. Cette situation fait le lit de la mafia dans ce secteur. Le prix bord champ imposé est de 30% au moins en dessous du prix officiel. Les paysans conscients que seule la lutte paye, organisent la résistance.

Les élèves et étudiants se sont mobilisés pour lutter contre les rackets à l’école. Mais le gouvernement Ouattara leur a signifié que tout allait bien dans le meilleur des mondes dans leur secteur. Pour la Ministre Kandia Camara de l’enseignement primaire, secondaire et technique, les rackets n’existent pas. Réprimés, les élèves ont été obligés de suspendre leurs mouvements. Mais ils n’y ont pas renoncé.

Dans les quartiers précaires, le pouvoir Ouattara a chassé les pauvres pour installer les grandes surfaces, les immeubles ultramodernes. Dans les forêts il tente de chasser les paysans pour installer les multinationales agricoles. Face aux prébendes du grand capital, le pouvoir a ignoré les pleurs, les cris de détresse et les pardons. Les masses populaires ont compris qu’il faut organiser leur colère et intensifier leurs luttes pour faire reculer ce pouvoir. Dans la zone de Kounfao, la mobilisation des paysans a fait sursoir à cette opération de déguerpissement. A Abidjan, celles-ci ont rencontré de la résistance. Le combat continue avec la solidarité des autres couches populaires organisées dans l’Association pour la Restauration de la Digité Humaine (ARDH).

 

L’année 2018 se termine dans l’angoisse et la peur d’un chao imminent. Des violations de la constitution, des attaques contre les libertés, des braquages électoraux, aux répressions sauvages contre les travailleurs en lutte pour les libertés et le pain, le pouvoir Ouattara indique aux peuples qu’il entend conserver le pouvoir par tout moyen. La Côte d’Ivoire avance donc vers la déflagration. Que faire ? Là est la grande question posée aux classes sociales et à leurs états-majors politiques.

 

Pour le RHDP représentant les intérêts des hauts bourgeois et des impérialistes, 2019 sera l’année pour parfaire la machine de la fraude électorale pour les élections générales de 2020, l’année pour la mise en place des moyens et des forces pour la conservation du pouvoir par tout moyen. Pour les classes populaires, 2019 devra être l’année de la poursuite avec plus de fermeté et de détermination des combats pour les libertés, la démocratie, les conditions d’élections démocratiques, la souveraineté, le pain. Mais la fin du système néocolonial et du pouvoir de prédation, est la seule alternative politique crédible au profit de ces classes populaires. Aussi tout l’effort des états majors progressistes doit être la préparation de cette alternative.

Au nom du Comité Central du PCRCI je souhaite à chacun et à chacune les veux de santé et de prospérité. Je souhaite aux peuples de Côte d’Ivoire, le courage et la volonté nécessaires, pour défendre leurs salaires, leurs revenus, pour riposter à toutes atteintes aux libertés et à la démocratie. Enfin je souhaite aux peuples la force de s’engager résolument dans la préparation de l’alternative révolutionnaire par la formation d’un front des forces progressistes. Bonne et heureuse année 2019.

 

Achy Ekissi

Secrétaire Général

 

 

 

PCRCI

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