Communiqué 10

Préparation élection 2010

 

DECLARATION SUR LES EVENEMENTS LIES AUX AUDIENCES FORAINES

 

 

 

 

Les partisans de la poursuite de la guerre civile réactionnaire ne veulent pas démordre. Ils sont prêts à se saisir de n’importe quel prétexte pour rallumer l’incendie qui n’a fait que s’apaiser mais qui n’est pas éteinte.

La tenue des audiences foraines devient ainsi le détonateur de violences politiques à relents ethniques et xénophobes. Le Front Populaire Ivoirien (FPI) et ses alliés préparent un affrontement généralisé pour disent-ils "empêcher par tous les moyens la tenue des audiences foraines".

Selon ces forces politiques, le fait de délivrer des jugements supplétifs tenant lieu d’acte de naissance à des personnes qui n’en ont pas constitue un moyen de "brader la nationalité ivoirienne et de préparer une fraude massive aux élections prochaines". Elles demandent donc l’arrêt immédiat de l’opération et comptent utiliser tous les moyens pour atteindre leur objectif.

 

1 .Ceux qui ont signé les accords de paix doivent les respecter : La revendication première du FPI et de tous les partisans du chef de l’État est le "désarmement ici et maintenant de la rébellion" ; cela signifie, bien entendu, la restauration intégrale de leur pouvoir. Ce pouvoir, on le sait, est dilué par les différents accords signés depuis le déclenchement de la guerre en septembre 2002. Ces accords sont parrainés par des forces armées françaises et onusiennes qui ne seraient pas en Côte d’Ivoire sans l’accord de Laurent GBAGBO, président de la république. Dans un de ses récents discours, GBAGBO a tenu à rappeler à l’intention de ceux qui l’auraient oublié, que c’est bien lui qui a fait venir toutes les forces étrangères actuellement présentes sur le sol ivoirien. Il a oublié de préciser une chose qu’il est bon de rappeler ; ces forces étrangères sont venues avec une seule phrase à la bouche, à savoir que la crise ivoirienne n’a pas de solution militaire, mais une solution politique. Ce qui est sans ambiguïté ; c’était à prendre ou à laisser.

La situation de la Côte d’Ivoire est la conséquence d’une politique opportuniste et sans principes de ses dirigeants qui signent des accords, les torpillent, mais n’ont pas le courage de les rompre.

Après avoir signé les accords, ces mêmes dirigeants appellent à une reprise de la guerre. Or avec des peuples divisés à l’extrême par une intense campagne tribaliste et xénophobe des tenants du pouvoir et la présence massive d’armées étrangères toute reprise de la guerre conduira à des massacres interethniques, voire interreligieux.

Les différents "accords de paix" fonctionnent, en ce moment, comme une nasse surtout pour ceux qui les ont signés. Quand ceux qui ont signé ces accords appellent le peuple à lutter pour la souveraineté, c’est un appel au suicide. La seule voie pour le peuple de renouer avec la lutte pour la souveraineté populaire et nationale est celle qui passe par le combat pour une constitution démocratique. Ce combat permet de s’attaquer aux racines des guerres, comme celle en cours, destinées à assouvir les intérêts maffieux.

 

2. Soutenons la tenue des audiences foraines et opposons-nous aux pratiques fascistes : Les accords prévoient les audiences foraines. Mais mieux, des raisons électoralistes ne peuvent suffire à priver les populations de leur droit élémentaire à posséder des pièces d’identité. Face à l’engouement pour l’opération, les gardiens auto-proclamés de la pureté de la nationalité ivoirienne devraient se rendre compte que la majorité des peuples de Côte d’Ivoire a démasqué les intentions cachées derrière les cris à la "fraude massive sur la nationalité ivoirienne". Depuis 2000, ces cris sont, de toute évidence, destinés à restreindre les listes électorales pour endiguer la volonté populaire.

Les affrontements se multiplient autour des audiences foraines, des morts et blessés graves sont malheureusement déplorés ici et là. Il n’y a plus de doute, l’obtention des papiers d’identité est en passe de devenir une revendication populaire que la violence fasciste ne pourra plus enrayer.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire (PCRCI) appuie fermement la revendication des sans papiers dans leur propre pays et invite l’ensemble du peuple à soutenir cette revendication et à se battre pour briser la digue que veulent dresser les forces obscurantistes devant cette légitime aspiration.

 

 

 

Fait à Abidjan, le 25 juillet 2006.

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

 

 

 

 

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte D’Ivoire