Communiqué 4

Situation au Mali

 

 

 

TOUTE IMMIXION EXTERIEURE AU MALI NE FERA QU’EMPIRER LA SITUATION

 

 

Un groupe de militaires maliens dirigé par le capitaine Amadou Haya SANOGO a décidé le jeudi 22 mars 2012 de perpétrer un coup d’Etat et de déposer le président Amadou Toumani TOURE. Ces militaires putschistes reprochent au pouvoir de ce dernier son « incapacité notoire à gérer la crise qui sévit au nord du Mali (…)

 

l’inaction du gouvernement à doter de moyens adéquats les forces armées et de sécurité pour accomplir leurs missions de défense de l’intégrité du territoire national ». Ils dénoncent ainsi la gestion des problèmes posés dans le nord Mali par la rébellion touareg du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) qui prétend lutter pour créer un Etat indépendant par la sécession d’une partie du territoire malien. Le président Amadou Toumani TOURE s’était engagé à discuter avec la rébellion pour parvenir à une solution. La junte militaire semble proposer la même approche. Le prétexte de l’inaction du gouvernement du président TOURE face à la rébellion n’est donc pas le vrai mobile du putsch.

 

Les putschistes dénoncent également la gestion des 10 années de pouvoir du président TOURE qui aurait été laxiste à tout point de vue. Tout compte fait, les putschistes ne peuvent fournir une justification convaincante à leur action.

 

Le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire (PCRCI) sait par son expérience, surtout celle de ces 10 dernières années en Côte d’Ivoire, que l’irruption des militaires sur la scène politique ne résout rien, sinon qu’elle en rajoute aux problèmes existant. Il ne peut, de ce fait, croire un seul mot des promesses du comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE). Notre conviction est que seul le peuple et les partis politiques maliens sont à même de résoudre les nombreux problèmes que connaît le Mali y compris celui de la rébellion Touareg du MNLA.

 

Alors, le PCRCI condamne ce coup d’Etat ainsi que toutes les initiatives extérieures visant non pas à aider le peuple malien à trouver des solutions à ses problèmes mais à lui imposer des souffrances supplémentaires. Dans ce sens, le train de mesures arrêtées par la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sous l’impulsion du président ivoirien, Alassane Ouattara ne sont pas opportunes. L’ultimatum donné pour 72 heures à la junte pour rendre le pouvoir sous peine d’un blocus économique, politique et diplomatique décidé le jeudi 29 mars 2012 à Abidjan est de ce point de vue inacceptable. Partout où ces sanctions ont été adoptées, ce sont les peuples qui ont toujours souffert. La junte au pouvoir à Bamako ne sentira nullement les effets de ces mesures.

 

Voilà pourquoi, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire exige que les autorités de la CEDEAO renoncent à ces mesures afin de permettre aux partis politiques maliens de trouver les solutions qui préservent la dignité et la souveraineté du peuple malien.

 

 

 

Fait à Abidjan, le 3 avril 2012.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

 

 

 

 

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte D’Ivoire