Communiqué 9

L'insécurité à l'ouest du pays

A PROPOS DE LA RESURGENCE DES TUERIES A L’OUEST DU PAYS.

 

Depuis la signature de l’accord politique de Ouagadougou entre le pouvoir FPI et les Forces Nouvelles, des affrontements meurtriers endeuillent régulièrement les zones ouest du pays, notamment les zones de Logoualé et Fengolo. Ces affrontements rappellent les nombreux précédents et particulièrement ceux du dimanche 27 au lundi 28 février 2005. Pour justifier les assassinats d’innocents, la version officielle d’alors a fait croire à des attaques rebelles.

Notre déclaration publiée le 7 mars 2005 prenait le contre-pied de cette version en indiquant qu’il s’agissait de la résurgence des conflits interethniques sur fond de conflits fonciers attisés par les tenants du pouvoir qui y entretenaient une violence réactionnaire avec l’utilisation de miliciens embarqués d’Abidjan ou de Guiglo. Nos informations excluaient la participation directe des paysans eux-mêmes aux tueries.

A l’époque, nous avions écrit, entre autres, ce qui suit :

« Rappelons que cette région de l’ouest fait partie des zones où les conflits non résolus autour des questions de la terre sont nombreux. Ces conflits ont, avec le temps, pris le caractère d’oppositions entre ethnies, entre communautés. Des affrontements meurtriers avaient eu lieu dans cette zone en 1995, 1998 et spécialement à Fengolo. …………… » .

« C’est d’ailleurs l’une des raisons profondes de l’adhésion d’un nombre important de Guéré (peuple autochtone de la région) au FPI qui leur a promis de restituer leurs terres. Mais depuis l’arrivée du FPI au pouvoir, il n’a entrepris aucune action pour résoudre cette épineuse question par des réformes audacieuses. Il se contente de l’utiliser comme un moyen de pousser à la révolte sporadique une partie des populations qu’il compte ainsi maintenir dans son sillage en lui faisant miroiter la possibilité de récupérer les terres par l’action armée. Mais le FPI ne peut étaler à visage découvert cette politique essentiellement tribaliste. Sinon, il aura à choisir entre les Guéré, les Baoulé et les Dioula, les principales tribus ivoiriennes impliquées dans ces conflits. D’où les subterfuges consistant à simuler des "soulèvements populaires", des " guerres de libération" ».

Cette analyse limpide conforme à la réalité et à l’opposé de la version officielle s’impose au fil du temps. Le président de la république lui-même déclarait le lundi 7 mai dernier devant les militaires, ceci : « Ce n’est pas la suppression de la zone de confiance qui crée l’insécurité à l’ouest. Le véritable problème que rencontre l’ouest est celui lié à la forêt. Lequel problème ressurgit à chaque crise que connaît le pays ».

La version officielle rejoint donc la position du Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire (PCRCI). Nous avons de tout temps affirmé que les paysans de l’Ouest du pays souffrent de façon dramatique de l’utilisation politicienne et réactionnaire des contradictions liées à la propriété et à l’utilisation de la terre. C’est donc le lieu de renouveler notre appel aux peuples de l’ouest du pays de s’approprier nos propositions préconisant le règlement de la question de la terre en prenant en compte tous les droits acquis. Nous les invitons à comprendre que ceux qui font croire que des paysans ivoiriens peuvent empêcher d’autres paysans ivoiriens de travailler sur les terres ivoiriennes ne sont que des bourgeois bureaucrates ou des individus à leur service, tous ennemies des peuples, dont l’objectif est de pousser les paysans à s’entretuer. Cela créera une situation leur permettant de reprendre toutes les terres et transformer, les paysans en métayers.

 

Fait à Abidjan le 9 mai 2007

Pour le Comité Central.

Le Secrétariat Général

 

 

 

 

 

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte D’Ivoire