Discours Majesté Amon

Congrès Constitutif de l'INIREF-CI

 

 

 

 

 

 

Discoursd'ouverture de sa majesté AMON TANOE, Roi des N’Zima, Parrain de la cérémonie

 

 

 

Je vous remercie ;

Honorables invités,

 

Eminents professeurs,

 

Chers camarades,

 

Ma présence ici aujourd’hui, me rappelle un peu de nombreuses années en arrière quand nous étions étudiants et que nous osions réclamer l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

 

Le mot indépendance était sujet tabou. Nous pensions faire œuvre utile pour notre pays en nous battant pour la libération de notre pays.

 

Il faut que j’avoue que quand il m’a été demandé de prononcer le discours d’ouverture de notre présente Assemblée Générale Constitutive de l’INIREF-CI, j’ai été avant d’accepter. Parce que au vu des documents préparatoires de notre Assemblée Générale, je me demandais si je pourrai véritablement être à la hauteur de l’exercice qui m’était demandé…

 

Je me disais voilà que des documents de haute portée ont été élaborés par les organisateurs de cette Assemblée Générale, mais j’ai comme le sentiment qu’ils se sont montrés plus diplomates que moi. En ce sens que on me demande de venir prononcer un discours d’ouverture d’une assemblée qui a pour thème

 

« La libération des cultures et langues ivoiriennes ».

 

Je me disais : « Est-ce que devant de si brillantes personnalités du monde scientifique je pourrai parler de la libération de nos cultures et langues sans parler de l’environnement dans lequel notre pays a évolué par le passé et que tous nous soyons à nous poser aujourd’hui ces questions de libération ? »

 

 

C’est pour cela que je voudrais dire grand merci au Président du Conseil Provisoire d’Organisation, parce qu’il m’a enlevé comme une épine dans le pied. Parce que c’est de cela que je voulais parler. Ce dont il a parlé c’est des choses dont je voulais parler et je me suis demandé est-ce que je suis autorisé à le faire ! Comme il l’a fait je suis à l’aise et je vous dis merci et à lui en particulier je dis grand merci.

 

 

Si nous devons parler aujourd’hui de la libération des cultures et langues ivoiriennes, c’est que nous avons été colonisés. Et que le sens de la colonisation comme vous le savez tous c’est de nier toute existence, à la limite humaine, en tout cas culturelle et de civilisation aux peuples qui ont été colonisés. Si bien que nous en réclamant l’indépendance de notre pays, il s’agissait d’une indépendance globale. Cela est un tout. Nous pensions certes à la libération politique comme préalable, nous pensions naturellement à la libération économique, sociale et nous pensions à la libération culturelle.Parce que nous savons que il n’y a pas d’aliénation plus forte, plus puissante que l’aliénation culturelle.

 

 

Nous après nos indépendances, nous avons pensé que en créant des institutions dites modernes pour le fonctionnement de notre société, qu’en mettant l’accent sur le développement économique, ce faisant nous pensions surtout à nos ventres, nous résolvions tous les problèmes de la libération de nos pays. Mais il n’en est rien !

 

Aujourd’hui encore tout se passe comme si nous avions honte d’assumer nos langues, de nous assumer en fait. De penser par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Or c’est bien de cela qu’il s’agit.

 

Après une cinquantaine d’années d’indépendance politique, théorique à certains égards, nous nous rendons bien compte que tout reste encore à faire. Et au plan politique, et au plan économique, puisque aujourd’hui encore nous sommes tous considérés comme des pays pauvres, pauvres et même très endettés.

 

Qu’est-ce qui a fait que nous n’avons pas pu progresser véritablement ? C’est parce que nous avons pensé qu’il nous suffisait de copier des modèles existants pour réussir le pari de la libération. Mais quand on parle de libération, on parle de combat. Le combat c’est l’engagement pour le triomphe d’une idée qu’on estime noble, juste. Il faut donc que nous sachions que même si nous avons jusqu’à présent élaboré beaucoup de documents et de nombreuses recherches sur les richesses de nos langues et la nécessité pour nous de nous instruire en nos langues, en y incluant le volet à portée scientifique, il nous faut chers amis comprendre que la voie dans laquelle nous nous proposons de nous engager ne sera pas facile. Et c’est pourquoi dès le début j’ai dit que en me retrouvant dans cette salle, je retrouve un peu de ma jeunesse.

 

Ca ne sera pas facile, parce que nous sommes en train de choisir une stratégie qui nous permette de mettre en œuvre ce que nous nous réservons à faire. Or aujourd’hui dans notre pays, nous avons été tellement subjugués par l’ancien colonisateur qu’aujourd’hui nous avons pris sa place. Et c’est nous-mêmes qui nous nions maintenant.

 

Notre tâche n’est donc pas facile. Il nous faudra donc responsabiliser les populations. Et il n’est pas dit que l’accueil qui sera réservé à notre projet sera des plus aisés dans l’immédiat. Il nous faudra donc persévérer, persévérer, persévérer parce qu’il s’agira en réalité d’une véritable révolution culturelle.

 

Et je vous remercie.

 

 

Je déclare ouverte l’Assemblée Générale Constitutive de l’Institut International de Recherche et de Formation – Côte d’Ivoire – INIREF-CI –

 

 

Je vous remercie une fois de plus.

 

 

Message de NANAN DODO N'DEPO représentant de sa Majesté AGNI BILE II Président du

Conseil Supérieur des rois et Chefs traditionnels de Côte d'Ivoire Lire le message

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte D’Ivoire