Programme du Pcrci

Programme du Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d'Ivoire

Le développement des échanges a créé, entre tous les peuples du monde des liens si étroits que le grand mouvement émancipateur du prolétariat devait devenir et est devenu depuis longtemps international.

 

Le PCRCI, un des détachements de l’armée du prolétariat mondial, poursuit le même but que les partis Marxistes-Léninistes de tous les autres pays. Ce but final est déterminé par le caractère et le développement de la société bourgeoise contemporaine qui se distingue essentiellement par la production marchande fondée sur les rapports capitalistes de production , où la part la plus grande et la plus importante des moyens de production et de circulation des marchandises appartient à une classe peu nombreuse, la bourgeoisie, alors que l’immense majorité de la population formée de prolétaires et de semi-prolétaires est contrainte, par sa situation économique, de vendre constamment et périodiquement sa force de travail, c’est à dire de se louer aux capitalistes en qualité de salariés, créant ainsi, par son travail, le revenu des classes possédantes.

 

Le domaine des rapports capitalistes de production ne cesse de s’élargir à mesure que le perfectionnement continu de la technique, augmentant l’importance économique des grandes entreprises, mène à l’élimination des petits producteurs indépendants, transformant une partie d’entre eux en prolétaires, restreignant le rôle des autres dans la vie économique et sociale, et les plaçant, ça et

 

Le progrès technique donne en outre aux employeurs la possibilité d’user de plus en plus largement, dans la production et la circulation des marchandises, du travail des femmes et des enfants. Et comme il entraîne, par ailleurs, une diminution relative du besoin de la force de travail, la demande de main-d’œuvre est nécessairement inférieure à l’offre, ce qui contribue à augmenter la dépendance du travail salarié à l’égard du capital et à intensifier l’exploitation.

 

Cette situation dans les pays bourgeois et la rivalité sans cesse aggravée de ces pays sur le marché mondial, rendent de plus en plus malaisé l’écoulement des marchandises produites en quantités croissantes. La surproduction qui se manifeste par des crises industrielles plus ou moins aiguës suivies de périodes de marasme est, dans la société bourgeoise une conséquence inévitable du développement des forces productives. A leur tour, les crises et les périodes de marasme industriel ruinent encore plus les petits producteurs poussent encore la dépendance du salarié à l’égard du capital, aboutissent plus rapidement encore à une aggravation relative, et parfois absolue, de la condition de la classe ouvrière.

 

Ainsi donc, le perfectionnement de la technique, qui signifie l’augmentation de la productivité du travail et de la richesse sociale, entraîne dans la société bourgeoise, l’accroissement de l’inégalité sociale, de la distance entre les possédants et non possédants, l’accroissement pour les masses laborieuses de plus en plus larges de l’insécurité, du chômage et de privation de toutes sortes.

 

Mais au fur et à mesure que grandissent et se développent toutes ces contradictions propres à la société bourgeoise, le mécontentement suscité parmi les masses laborieuses et exploitées grandit aussi, le nombre et la cohésion des prolétaires progressent et leur lutte contre les exploiteurs devient de plus en plus âpre. De même le perfectionnement de la technique, qui concentre les moyens de production et de circulation et socialise le processus de travail dans les entreprises capitalistes, crée de plus en plus rapidement des possibilités matérielles permettant de remplacer les rapports capitalistes, c’est à dire d’accomplir la révolution sociale qui est le but final du mouvement communiste international, interprète conscient du mouvement de la classe ouvrière.

 

Cette révolution sociale, parce qu’elle remplace la propriété privée des moyens de production et de circulation par la propriété sociale, parce qu’elle institue une organisation rationnelle du processus social de production afin d’assurer le bien-être et le développement harmonieux de tous les membres de la société, supprimera la division de la société en classes et affranchira ainsi toute l’humanité opprimée en mettant un terme à toutes les formes d’exploitation d’une partie de la société par une autre. La dictature du prolétariat, c’est-à-dire la conquête et l'exercice par le prolétariat du pouvoir politique, qui lui permettra de réprimer toute résistance des exploiteurs, est la condition expresse de cette révolution.

 

Se donnant pour but de rendre le prolétariat capable d’accomplir sa mission historique, le mouvement communiste international l’organise en parti politique indépendant, opposé à tous les partis bourgeois, dirige toutes les manifestations de sa lutte de classe, lui révèle l’irréductible antagonisme des intérêts des exploiteurs et des exploités, lui explique la signification historique et les conditions nécessaires de la révolution socialiste en cours. Il montre aussi à toutes les couches laborieuses et exploitées que leur situation est sans espoir dans la société capitaliste et que seule la révolution répond à leur propre intérêt, car elle seule les affranchira du joug du capital. C'est pourquoi le Parti Communiste, parti de la classe ouvrière, appelle dans ses rangs toutes les couches de la population laborieuse et exploitée, dans la mesure où elles partagent le point de vue du prolétariat, appliquant ainsi la doctrine révolutionnaire de Marx et Engels.

 

Le capitalisme mondial en est arrivé approximativement depuis le début du XXe siècle, au stade impérialiste. L’impérialisme est l’époque de l’économie capitaliste où les associations monopolistes (syndicats, patronaux, cartels, trusts) ont acquis une importance décisive, où le capital bancaire, parvenu à un degré de concentration a fusionné avec le capital industriel, où l’exploitation du capital dans les pays étrangers a revêtu de très grandes proportions, où l’univers est déjà territorialement divisé et où le partage économique du monde entre les trusts internationaux a commencé.

 

Les guerres impérialistes, c’est-à-dire les guerres pour dominer le monde, pour les marchés du capital bancaire, pour l’étranglement des nationalités petites et faibles, sont inévitables dans cette conjoncture. Et tel a été précisément l'objet des deux grandes guerres impérialistes, celle de 1914-1918 et celle de 1939-1945.

 

Le degré exceptionnellement élevé de développement du capitalisme mondial en général, le capitalisme monopoliste en particulier, issu du capitalisme concurrentiel qu’il domine sans le supprimer, la formation par les banques, et aussi par les associations de capitalistes, d’un appareil de réglementation de la production et de la répartition, la hausse des prix et l’oppression croissante de la classe ouvrière par les syndicats patronaux, en fonction du développement des monopoles capitalistes, ainsi que les immenses difficultés de la lutte économique et politique de la classe ouvrière, les horreurs capitalistes, les calamités, la ruine, la barbarie engendrées par les guerres impérialistes font que le capitalisme, au stade impérialiste de son évolution, devient l’ère de la révolution prolétarienne, socialiste.

 

Cette ère s’est ouverte avec la grande Révolution Socialiste d’Octobre 1917, dirigée par LENINE et STALINE, éminents éducateurs du prolétariat international. A la suite de cette révolution, la lutte des classes a atteint un degré où l’on a vu s’organiser contre les forces du capital financier puissamment organisées, deux grandes forces révolutionnaires : d’une part, les ouvriers des Etats capitalistes, et de l’autre, les peuples des colonies, toutes les deux sous la direction hégémonique du mouvement révolutionnaire prolétarien international.

 

Des procès divers et non simultanés concourent à la révolution prolétarienne mondiale : révolutions prolétariennes proprement dites, révolutions de type démocratique-bourgeois se transformant en révolutions prolétariennes ; guerre d’émancipation nationale ; révolutions anticoloniales.

 

Ce mouvement globalement ascendant a connu et connaît encore des difficultés, des échecs temporaires, des vagues de contre-révolutions, qui ont abouti après la mort de Staline, à la révision du Marxisme et à la restauration du capitalisme en Union Soviétique, dans les pays d’Europe de l’Est et ensuite en Chine. Elles ont contribué à la défaite du socialisme en Albanie.

 

Dans les vieux pays capitalistes, d’anciens partis communistes, rejetant la dictature du prolétariat comme condition expresse pour l’accession au communisme se sont transformés en appendices politiques de la bourgeoisie.

 

Des partis de bourgeois nationaux et de petits bourgeois de colonies, néo-colonies et pays dépendants, après avoir joué un rôle positif dans la lutte contre l’impérialisme sont devenus réactionnaires. C’est dire que le champ du capitalisme s’est élargi et la concentration de la production et du capital prend des proportions colossales à la suite de l’extension du développement du capitalisme monopoliste d’Etat. Le développement accéléré de la science et de la technique, accroît le rôle des monopoles internationaux et de leurs sociétés multinationales, et en même temps porte à leur maturation complète les conditions matérielles du socialisme, début du communisme à l’échelle mondiale.

 

Mais les progrès scientifiques et techniques qui offrent les possibilités d’un plein épanouissement de l’homme dans toutes ses dimensions, aboutissent pourtant avec la domination de la bourgeoisie et de l’impérialisme à un accroissement plus qu’à l’ordinaire du fossé entre possédants et non possédants, entre pays impérialistes et pays dominés, aux désastres écologiques, au chômage, à la misère, à la faim et à la maladie pour des milliards d’hommes.

 

Cette situation exacerbe la contradiction entre le caractère social de la production et le caractère privé de l’appropriation des moyens de production, ainsi que toutes les autres contradictions.

 

La crise générale du capitalisme ne cesse de s’approfondir. Des crises aiguës viennent ébranler le système impérialiste dans tous ses fondements. C’est ce que souligne avec une acuité particulière la crise actuelle qui dure depuis deux décennies, qui a mis à nu le caractère capitaliste et pourri des systèmes économiques en vigueur en ex-URSS et dans d’autres pays révisionnistes et pseudo-révolutionnaires et qui, continue d’ébranler tout le système impérialiste mondial. Cette crise accentue les rivalités ainsi que des unions bellicistes entre les grandes puissances, la transformation des instances des organisations internationales en organe d’exécution des plans des grandes puissances pour un nouveau partage du monde, avec comme conséquence les attaques furieuses contre les acquis sociaux et politiques du prolétariat, les pressions accrues et les guerres injustes contre les peuples et les pays indépendants. De même, s’exacerbent les luttes du prolétariat, des travailleurs et des peuples de tous les pays contre l’arbitraire, la bureaucratie et la corruption sous toutes ses formes. Le niveau atteint par les forces productives fait surgir spontanément au cours de ces luttes des formes d’organisation ouvrière et paysanne, d’abord à caractère de pouvoir de contrôle de la gestion du bien public, et ensuite d’exercice effectif du pouvoir, c’est-à-dire des soviets.

 

Ces raisons objectives confirment, d’une part, la faillite du système capitaliste et d’autre part, l’inéluctabilité déjà prouvée de la révolution prolétarienne mondiale qui, seule, peut sortir l’humanité de l’impasse créée par l’impérialisme.

 

L’expérience pratique de toute la période historique depuis la grande Révolution d’Octobre atteste que le prolétariat international dispose d’un riche patrimoine théorique et pratique pour sa préparation directe dans tous les domaines à la conquête du pouvoir politique pour l’application des mesures économiques et politiques qui constituent le fond même de la révolution socialiste.

 

L’accomplissement de cette tâche, qui exige de la part de la classe ouvrière de tous les pays une confiance mutuelle sans réserve, la cohésion fraternelle la plus étroite et l’unité immédiate des actions révolutionnaires n’est pas possible sans une rupture rapide, de principe avec toutes les déformations bourgeoises et révisionnistes du socialisme et sans un combat théorique et pratique contre le courant d’aplatissement face aux pressions actuelles de l’impérialisme et de la bourgeoisie. Ce nouveau courant, insidieux, induit une tendance au chauvinisme et entretient le réformisme, principale forme actuelle de l’opportunisme à l’échelle internationale.

 

La Côte d’Ivoire, alors agrégat de communautés primitives et d’Etats patriarcaux, fut agressée par l’impérialisme français, qui la transforma en colonie en 1893 et y introduisit le capitalisme comme mode de production dominant.

 

L’héroïque résistance des peuples de Côte d’Ivoire conjuguée avec les luttes anti-impérialistes des peuples opprimés du monde, imposa à l’impérialisme français la concession au pays d’une indépendance nominale en 1960, transformant ainsi la colonie en néo-colonie.

 

La grande bourgeoisie traîtresse, composée de bureaucrates et de compradores, eut dès lors à gérer une économie capitaliste néocoloniale où dominait le capitalisme d’Etat largement entamé depuis 1981 par un vaste mouvement de liquidations-privatisations dans le cadre des programmes d’ajustement structurel concoctés par le FMI et la Banque Mondiale.

 

L’assujettissement du pays aux puissances impérialistes s’est notablement accru avec la primauté à l’impérialisme français qui jouit d’un poids politique prépondérant de plus en plus concurrencé par les autres impérialismes : européens (Allemand, Suisse notamment), nord-américains (USA, Canada) et asiatiques (Japonais).

 

Ces puissances ne sont pas intéressées au développement capitaliste du pays. Elles laissent subsister et entretiennent la petite production marchande pour la reproduction capitaliste dans les métropoles, et avec elle les disparités régionales, les formes barbares et rétrogrades d’exploitation et d’oppression de la classe ouvrière, de la paysannerie et du peuple.

 

Ainsi donc, les masses travailleuses de Côte d’Ivoire souffrent non seulement de la domination impérialiste et de l’exploitation capitaliste, mais aussi de l’insuffisance de développement du capitalisme.

 

Aujourd'hui, trois contradictions fondamentales caractérisent la société ivoirienne.

 

La première et la principale oppose les peuples de Côte d’Ivoire dans leur ensemble à l’impérialisme international, français en particulier et la bourgeoisie bureaucratique et compradore.

 

La deuxième oppose la paysannerie laborieuse aux vestiges des forces patriarcales et esclavagistes ainsi qu’aux représentants de la grande bourgeoisie à la campagne.

 

La troisième contradiction enfin oppose le prolétariat à la bourgeoisie.

 

Aussi, pour être victorieuse, la révolution doit-elle intégrer en un seul courant ces trois contradictions et les revendication qui en découlent de manière à atteindre l’ennemi commun des peuples de Côte d’Ivoire, l’impérialisme international et la grande bourgeoisie qui le sert.

 

Le pouvoir actuel sert de support à la superstructure de cette formation économique et sociale - capitaliste néo-coloniale arriérée. Ainsi, à travers le multipartisme et la démocratie proclamée, l'Etat de droit décrété on vit en réalité un pouvoir de dictature pro-impérialiste de la grande bourgeoisie bureaucratique et compradore.

 

La proclamation de l'Etat de droit par le pouvoir pro-impérialiste tient compte du rejet par le peuple du despotisme. Mais les libertés politiques sont limitées à la seule possibilité laissée au peuple de choisir parmi ses oppresseurs. Ce qui revient à arracher frauduleusement aux larges masses ouvrières et petites-bourgeoises un mandat électif utilisé comme passe-droit au pillage et à l'arbitraire.

 

Face à toutes ces contradictions, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire lutte pour une république démocratique des ouvriers, paysans et des autres travailleurs qui garantit les libertés politiques complètes pour le peuple ; où tous les responsables politiques et administratifs seront non seulement élus, mais aussi révocables à tout moment sur la demande de la majorité des électeurs ; où les institutions parlementaires représentatives seront remplacées par des comités de représentants qui feront les lois et en désigneront en même temps les exécutants.

 

Seule une telle organisation de l’Etat assoit la démocratie par et pour le peuple et en fait un pouvoir de la majorité capable d’assurer au mieux le développement économique harmonieux et la sauvegarde des droits du peuple en général.

 

A l'étape actuelle, la révolution en Côte d’Ivoire sera de caractère national, démocratique, populaire et anti-impérialiste.

 

Pour ces raisons, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire s'assigne les objectifs suivants :

 

SUR LE PLAN POLITIQUE ET SOCIAL

 

Le Parti Communiste Révolutionnaire de Cote d’Ivoire lutte pour :

 

-Le renversement du pouvoir pro-impérialiste et la destruction de l’appareil d’Etat néocolonial.

-L’établissement d’une dictature démocratique des ouvriers, des paysans et des autres travailleurs, dans une République Démocratique et Moderne (RDM), sur la base des comités d’ouvriers, de paysans et des autres travailleurs.

Le peuple étant souverain, la constitution de la République démocratique des ouvriers, des paysans et des autres travailleurs doit garantir ou assurer :

 

1- La totalité du pouvoir suprême d’Etat aux représentants du peuple, élus par le peuple, révocables par lui et formant une seule assemblée populaire, une chambre unique qui fait les lois et désigne le chef du gouvernement.

 

2- L’élection de l’assemblée populaire et de tous les organes d’autonomie administrative locale au suffrage universel, égal et direct, par tous les citoyens ayant au moins dix-huit ans révolus, au scrutin secret, l'éligibilité de tout électeur à toutes les institutions représentatives ; la durée du mandat parlementaire égal à cinq ans ; la révocabilité à tout moment de tous les délégués, de tous les élus sans exception sur décision de la majorité des électeurs ; la représentation proportionnelle dans toutes les élections.

 

3- La large application de l’autonomie administrative locale, l'autonomie administrative régionale des territoires caractérisés par des coutumes spécifiques et par une composition particulière de la population ; la suppression de la désignation par le pouvoir central de toute les autorités locales et régionales.

 

4- L’inviolabilité de la personne et du domicile.

 

5- La liberté illimitée de conscience, de parole, de presse, de publication, de réunion, de grève, d’association, de manifestation, de déplacement ; la protection et le droit d’asile politique à tous ceux qui sont menacés dans leur intégrité pour des raisons politiques.

 

6- La destruction des vestiges des forces patriarcales ; l'égalité complète de tous les citoyens quels que soient leur sexe, leur religion, leur race, leur nationalité.

 

7- Le droit pour la population de recevoir l’instruction dans sa langue maternelle, garanti par la création aux frais de l’Etat et des organes d’auto-administration locale des écoles indispensables à cet effet ; le droit pour chaque citoyen d’user de sa langue maternelle dans toutes les institutions locales publiques et d’Etat ; la suppression de l’usage obligatoire d’une prétendue langue officielle.

 

8- Le droit à la libre séparation et à la constitution d'Etats indépendants toutes les nationalités faisant partie de l’Etat ; l'union de toutes les nationalités non par la contrainte, mais exclusivement par la libre entente pour la libre création d’un Etat commun.

 

9- La reconnaissance à toute personne du droit de poursuivre tout fonctionnaire devant les tribunaux.

 

10- La répression des assassins de la liberté et des pilleurs de l’économie.

 

11- L’élection des juges, des autorités administratives et des chefs militaires ; leur révocation à tout moment sur décision de la majorité de leurs électeurs.

 

12- L’organisation d’une armée révolutionnaire avec la création d’une académie militaire, la spécialisation du soldat, l’instauration de la formation militaire du peuple.

 

13- La fermeture de la base militaire française de Port-Bouët ; l’abrogation de tous les accords de défense.

 

14- La séparation effective de l’Etat et des institutions religieuses ; la séparation de l’école et des institutions religieuses ; la laïcité absolue de l’école.

 

15- La gratuité de l'instruction et de la formation

 

16- Le caractère obligatoire de l'école jusqu’à seize (16) ans pour les enfants des deux sexes ; la liaison étroite de l’enseignement avec le travail socialement utile des enfants.

 

17- La fourniture à tous les élèves, de vivres, vêtements et manuels aux frais de l’Etat.

 

18- L’institution d’une bourse pour tout étudiant en rapport avec le coût de la vie ; le logement universitaire et les autres prestations sociales pour tout étudiant ; participation effective des délégués ou représentants à la gestion des cités universitaires, des restaurations, facultés, lycées et collèges.

 

19- La suppression des subventions aux écoles privées ; le renforcement des moyens et ressources de l’école publique.

 

20- La transmission de tous les services d’enseignement maternel, primaire et secondaire aux organismes d’auto-administration locale, la liberté dans l’établissement des programmes scolaires tout en tenant compte de la nécessaire égalité des niveaux en fin de cycle ; la révocabilité à tout instant des enseignants et pédagogues incompétents par la population.

 

21- Le recueil et la centralisation du savoir et du savoir-faire collectif par la fondation et le développement d’une académie des Sciences, Arts et Techniques.

 

22- La nationalisation des instituts de recherche.

 

23- La centralisation aux mains de l’Etat des enseignements techniques spécialisés et supérieurs pour la formation des cadres des institutions et unités de production d’Etat et pour l’encadrement des services d’auto-administration locale conformément aux besoins exprimés des populations.

 

SUR LE PLAN ECONOMIQUE

 

Le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire lutte pour :

 

1-l’arrêt de la liquidation et de la privatisation des entreprises publiques.

 

2- la nationalisation des entreprises, des banques appartenant aux monopoles étrangers, ainsi qu’aux bourgeois compradores et bureaucratiques ; la réorganisation du système bancaire et le contrôle par les travailleurs de la gestion des entreprises nationalisées ;

 

3- la mise en œuvre progressive du contrôle populaire de la gestion des unités de production d’Etat ; l’élection par l’assemblée du personnel aux différents postes de responsabilité sur la base de profils adéquats ; la révocabilité à tout moment sur la décision de la majorité de l’assemblée du personnel ;

 

4- le passage aux mains de l’Etat du commerce extérieur ;

 

5- la non reconnaissance des dettes de l’Etat néocolonial qui aliènent l’indépendance nationale

 

6- la réorientation de l’économie vers plus d’industrialisation avec une importance plus grande accordée à l’industrialisation lourde ;

 

7-la suppression de tous les impôts indirects et l’établissement d’impôts progressifs sur les revenus, les héritages et les objets de luxe ;

 

8- l’obtention du rapatriement de tous les avoirs placés à l’étranger par les dignitaires ; le recouvrement intégral des impôts dus à l’Etat et des créances politiques.

 

Tout en soutenant la lutte des peuples contre l’oppression et l’exploitation, la République démocratique des ouvriers, des paysans et autres travailleurs traitera avec les pays frères et amis, notamment voisins, sur la base de l’égalité des intérêts et avantages réciproques excluant toute ingérence dans les affaires intérieures des différentes parties.

 

POUR L’INSTANT PRESENT

 

Afin de protéger la classe ouvrière contre la dégénérescence physique et morale, et aussi afin de développer son aptitude à la lutte émancipatrice, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire revendique :

 

1– l’abrogation de la constitution actuelle ;

 

2- l'interdiction par la loi de la propagande du chauvinisme et de la xénophobie ;

 

3- la liberté d’opinion, d’expression, d’association, de grève, de circulation, l’inviolabilité du domicile et l’abrogation de toutes les lois restrictives ;

 

4– l’arrêt de l’application du programme d’ajustement structurel ;

 

5- le relèvement et la fixation des barèmes des salaires en accord avec les représentants syndicaux ;

 

6- la limitation effective à huit (8) heures de la journée de travail de tous les salariés ; ce temps devant comprendre, si le travail a lieu sans interruption, la durée d’un repos fixée à une heure au moins ; dans les industries dangereuses et insalubres, la journée de travail doit être réduite ;

 

7- le repos hebdomadaire légal de quarante huit (48) heures d’affilée pour les ouvriers salariés des deux sexes dans toutes les branches de l’économie nationale ;

 

8- l’interdiction absolue des heures supplémentaires de travail ;

 

9- l’interdiction absolue du travail de nuit (de huit (8) heures du soir à six (6) heures du matin) dans toutes les branches de l’économie nationale, à l’exception de celles ou ce travail est absolument nécessaire pour des raisons techniques approuvées par les organisations ouvrières ;

 

10- l’interdiction aux employeurs d’utiliser le travail des enfants de moins de seize (16) ans : la limitation à quatre (4) heures de la journée de travail des jeunes de 16 à 18 ans, les frais de formation étant à la charge des employeurs ;

 

11- l’interdiction du travail des femmes dans les industries où ce travail revêt un caractère nocif pour l’organisme féminin ; congé payé ou salaire normal de deux mois avant et deux mois après les accouchements avec la gratuité des soins et des médicaments ;

 

12- la création dans les usines, fabriques et autres entreprises employant des femmes, de crèches pour les nourrissons et les enfants en bas âge et des locaux où puisse se faire l’allaitement, toute travailleuse allaitant son enfant devant disposer d’au moins une demi-heure à des intervalles ne dépassant pas trois heures, recevoir une allocation et ne travailler que six (6) heures par jour ;

 

13- la légalisation de l’avortement, l’interdiction de la dot ;

 

14- les assurances sociales complètes des ouvriers

 

a)pour toutes les formes de travail salarié

 

b)dans tous les cas d’incapacité de travail, quelle qu’en soit la cause : maladie, invalidité, vieillesse, maladie professionnelle, maternité, veuvage et situation d’orphelin et aussi chômage, etc. ;

 

c)paiement des frais d’assurance par les employeurs ;

 

d)la fixation des taux des diverses allocations avec l’accord des représentants syndicaux ;

 

e)les soins médicaux et médicaments gratuits, les services médicaux devant relever des caisses autonomes des hôpitaux, dont les responsables sont élus par les salariés ;

 

f)l’interdiction aux employeurs d’effectuer des prélèvements en espèces sur les salaires, sous quelque prétexte et à quelque effet que ce soit ;

 

15– la mise sous contrôle des inspecteurs du travail de toutes les entreprises employant de la main-d’œuvre salariée ; celle-ci comprenant aussi les domestiques et les apprentis ;

 

16- la législation sanitaire pour l’amélioration de l’hygiène du travail et de la protection de la vie et de la santé des ouvriers dans toutes les entreprises employant de la main-d’œuvre salariée ; les services sanitaires devant relever d’une commission d’inspection élue par les organisations syndicales.

 

17– la promotion d’un habitat populaire, fonctionnel et économique ; le développement du transport en commun.

 

 

DE FACON SPECIFIQUE, EN CE QUI CONCERNE LA PAYSANNERIE, LES ARTISANS, LES PECHEURS ET LES ELEVEURS

 

Afin d'éliminer les vestiges des forces patriarcales et pour aider au libre développement de la lutte des classes dans la campagne, ainsi qu'au sein des couches d'artisans pour un développement rapide des forces productives, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d'Ivoire :

 

1.exige l'abrogation de la loi sur le foncier rural ;

 

2.exige l’aide de l’Etat aux frais d’immatriculation des terres coutumières au profit des paysans ;

 

 

3.exige des prix plus rémunérateurs des produits agricoles, de la pêche et de l'élevage avec l'accord des représentants des organisations paysannes, des pêcheurs et des éleveurs ;

 

4.exige la suppression des brimades, vexations, châtiments corporels ;

 

 

5.Exige l'annulation des dettes revêtant un caractère d'asservissement (usure), l'annulation des hypothèques sur les terres pour cause de dettes et l'abrogation de la pratique de la mise à gage de personnes humaines ;

 

6.exige l'expropriation des grands propriétaires terriens; la nationalisation des exploitations agricoles à caractère industriel; la remise des exploitations moyennes en usufruit aux coopératives de paysans ;

 

 

 

7.lutte pour la nationalisation effective de toutes les terres du pays, lacs, lagunes, cours d'eau compris, en entendant par nationalisation le transfert à l'Etat du droit de propriété sur toutes les terres, le droit d'en disposer étant laissé aux institutions démocratiques locales ;

 

 

8.lutte pour aider les prolétaires et semi prolétaires des campagnes et des villes à transformer chaque grand domaine en une entreprise agricole modèle gérée par les comités des ouvriers et autres travailleurs sous le conseil technique avisé d’agronomes et avec l’emploi de techniques plus perfectionnées ;

 

9.exige la formation continue aux frais de l'Etat des artisans pour le maintien et l'élévation de leur niveau technique ;

 

10. lutte pour la création d’une académie des sciences, arts et techniques au service des artisans des villes et des campagnes pour le développement de leurs créations et la rationalisation de leurs productions ;

 

11. recommande aux prolétaires et aux semi-prolétaires des campagnes, de s’organise et lutter ensemble pour améliorer leurs conditions de vie et de travail ;

 

12. recommande aux artisans des villes comme des campagnes de développer l'entraide mutuelle dans des regroupements à caractère coopératif pour valoriser leurs productions ;

 

Dans tous les cas et quelle que soit la situation en ce qui concerne l'organisation de la coopération chez les paysans, les artisans, les pêcheurs et les éleveurs, le Parti Communiste Révolutionnaire s'assigne pour tâche d'expliquer inlassablement que le développement du pays et le salut des travailleurs sont impossibles avec le système de la petite exploitation et appelle, par voie de conséquence, à l'issue de la victoire à l'effort et aux sacrifices pour l'agrandissement de l'échelle de la production et pour la révolution socialiste intégrale, seul moyen d'en finir avec toute misère et toute exploitation.

 

 

Fait à Abidjan, le 1er septembre 2012

Le quatrième congrès ordinaire

 

 

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire